Réduction des tensions de recrutement : les actions mises en œuvre

Le ministère du Travail, du Plein Emploi et de l’Insertion est mobilisé pour réduire les tensions de recrutement à travers différentes actions pour répondre aux besoins immédiats des entreprises en orientant les demandeurs d’emploi et les salariés vers les métiers les plus demandés.

Le plan de réduction des tensions de recrutement, lancé à l’automne 2021 – dans la continuité des actions mises en œuvre pour résorber le chômage des publics les plus éloignés de l’emploi – répond aux besoins immédiats des entreprises, en orientant les demandeurs d’emploi et les salariés vers les métiers les plus demandés.

Il vise également à faciliter les transitions professionnelles des salariés, pour leur permettre de monter en compétences, et de se réorienter vers les métiers porteurs. Les reconversions professionnelles sont par exemple favorisées avec des dispositifs comme Transitions collectives.

Ce plan porte aussi une attention particulière aux demandeurs d’emploi de longue durée, en privilégiant les immersions en entreprise et les formations en situation de travail qui ont démontré leur efficacité. Consulter le site "Immersion facilitée".

Deux mesures concrètes concernent les demandeurs d’emploi de longue durée : la prime à l’embauche de 8 000 € pour les employeurs qui recrutent des chômeurs de longue durée en contrat de professionnalisation, et l’aide exceptionnelle de 1 000 € versée aux demandeurs d’emplois de longue durée qui bénéficient d’une proposition d’emploi dans une entreprise et sont formés dans le cadre d’une Préparation opérationnelle à l’emploi individuel (POEI).

La mise en œuvre de ce plan, passe également par la mobilisation des branches professionnelles, pour analyser les besoins en compétences de leurs entreprises et amener les demandeurs d’emploi vers les métiers qui recrutent.

Des interlocuteurs de proximité pour les entreprises :
Un réseau de délégués à l’accompagnement des reconversions professionnelles (DARP), au niveau départemental et régional, a été lancé le 2 février 2022 dans l’objectif de :
- vous aider à repérer les enjeux RH, vos besoins en matière de compétences, et identifier avec vous des solutions ;
- vous permettre de vous saisir des dispositifs (FNE-Formation, Pro-A, PCRH, Transitions collectives, etc.) mis à disposition par l’État pour faciliter la formation et la reconversion de leurs salariés.
- faciliter l’identification et le soutien d’interlocuteurs de proximité (DDETS, Pôle emploi, OPCO, organismes de formation…).
Vous êtes responsable d’une entreprise : trouvez vos interlocuteurs de proximité.


Des exemples de secteurs en tension et d’actions spécifiques menées…

- Secteur du soin et de l’accompagnement : le ministère du Travail, du Plein Emploi et de l’Insertion, s’est associé au ministère de la Santé et Prévention pour la campagne "Les métiers du soin et de l’accompagnement recrutent" qui incite à s’orienter vers ces métiers. Les secteurs du soin et de l’accompagnement connaissent en effet des tensions importantes en matière de recrutement, qui pèsent sur la bonne prise en charge de personnes malades, âgées ou en situation de handicap. Pour en savoir plus

- Secteur de la petite enfance : les métiers de la petite enfance connaissent depuis quelques années d’importantes tensions de recrutement. Le protocole "Insertion dans l’emploi / Petite enfance", action commune entre la ministre déléguée chargée de l’Insertion et le Secrétaire d’Etat chargé de l’Enfance et des Familles vise à accélérer la levée des freins au retour à l’emploi liés à l’accueil du jeune enfant et de promouvoir les métiers de la petite enfance auprès des demandeurs d’emploi et en particulier des personnes en parcours d’insertion. Pour en savoir plus

- Secteur de la Boucherie et de la boulangerie : les branches de la boucherie – charcuterie artisanales et celles de la boulangerie - pâtisserie artisanale représentent des métiers au cœur de la gastronomie française et mobilisent des savoir-faire nombreux. Malgré leur dynamisme, ces secteurs sont confrontés depuis plusieurs années à des difficultés de recrutement. Une charte de développement de l’emploi et des compétences a été signé afin de contribuer à développer l’orientation des jeunes et des adultes vers ces secteurs et agir sur la qualité de l’emploi. Pour en savoir plus

- Secteur des transports routiers de marchandises et activités auxiliaires : le secteur des transports routiers de marchandises fait face à des tensions de recrutement accentuées par la crise. Le Gouvernement a signé une « Charte de développement de l’emploi et des compétences » avec la branche « transports routiers de marchandises et activités auxiliaires ». Pour en savoir plus

- Secteur de la métallurgie : un pacte a été signé avec la branche professionnelle de la métallurgie, représentée par l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), la CFDT métallurgie, la fédération de la métallurgie CFE-CGC et FO métaux, pour la mise en place du plan de réduction des tensions de recrutement dans le secteur. L’État s’est engagé à agir pour amplifier l’offre de formation conçue avec les entreprises pour répondre aux besoins en compétences du secteur et mobiliser les opérateurs du service public de l’emploi afin de proposer des approches ciblées et territorialisées de promotion des offres d’emploi d’entreprises du secteur à l’attention des demandeurs d’emploi. Pour en savoir plus


…sans oublier les particularités territoriales

- Signature d’avenants aux plans régionaux d’investissement dans les compétences avec chaque Région, à l’image de celui signé avec la Région Bourgogne-Franche-Comté, pour former davantage de demandeurs d’emploi aux besoins en compétences des entreprises, en développant les immersions en entreprise et en privilégiant les formations en situation de travail. Pour en savoir plus

- Mise en œuvre des feuilles de route locales pour répondre aux besoins des entreprises : les sous-préfets sont mobilisés pour décliner le plan de réduction des tensions de recrutement à l’échelle de chaque bassin d’emploi. C’est le sens de l’instruction du 25 octobre 2021 qui invite tous les acteurs concernés, sous l’égide des sous-préfets, à construire des solutions concrètes pour réduire les tensions de recrutement. Les projets identifiés dans ce cadre ont été rassemblés dans des feuilles de route régionales. Pour en savoir plus


Renforcement de la collaboration avec les entreprises de travail temporaire pour faciliter la constitution de viviers de candidats

- Signature de conventions de partenariats entre Pôle emploi et cinq entreprises d’intérim : ces conventions reposent notamment sur deux piliers : un accompagnement individualisé et renforcé et la généralisation de la mise en activité en situation de travail. Pour aller plus loin, une expérimentation sera menée auprès de quelques entreprises d’intérim pour simplifier l’accès aux profils des demandeurs d’emploi intéressés par l’intérim : cette expérimentation fera l’objet d’une évaluation pour mesurer la contribution des agences d’intérim dans l’accès à l’emploi durable. Un appel à candidatures sera ainsi publié par Pôle emploi d’ici début mai. Pour en savoir plus


Anticipation des besoins de recrutement des employeurs d’ici à 2030 pour accompagner les grandes transitions vers les métiers de demain

France 2030, annoncé le 12 octobre 2021, répond à un objectif clair : préparer la France par des choix d’investissements stratégiques majeurs, au service de nos concitoyens et d’une ambition écologique forte, pour mieux produire, mieux vivre et mieux comprendre notre monde.Il s’agit notamment de soutenir l’émergence de talents et d’accélérer l’adaptation des formations aux besoins de compétences, des nouvelles filières et des métiers d’avenir.

La DARES et France Stratégie ont publié en mars 2022 le rapport Métiers 2030, qui dresse un panorama chiffré des perspectives des métiers à l’horizon 2030.

La confrontation entre les postes à pourvoir et les jeunes débutants peut mettre en évidence des déséquilibres potentiels dans certains métiers. Les postes à pourvoir peuvent être plus nombreux que les ressources en main-d’œuvre identifiées ou, à l’inverse, les effectifs de jeunes entrant dans un métier peuvent excéder le nombre de postes à pourvoir.

D’ici à 2030, les créations d’emplois seront très différentes d’un métier à l’autre. Certains métiers connaîtront une forte croissance – comme dans l’informatique, les métiers liés aux soins et à l’aide aux personnes âgées, les métiers qualifiés du bâtiment, les cadres du privé (hors finance) –, tandis que d’autres verront leurs effectifs diminuer.
Pour en savoir plus

Par ailleurs, à l’occasion de l’installation du comité ministériel de pilotage « Enseignement et formation » de France 2030 – qui précise les orientations et assure le pilotage de cet axe du plan – et de la 1e conférence des métiers et des compétences, il a été convenu d’organiser une conférence des métiers et des compétences à une périodicité annuelle notamment dans l’objectif de suivre et établir un diagnostic partagé sur l’évolution des déséquilibres entre l’offre et la demande des compétences et être en capacité d’y réagir rapidement.


Article mis à jour au fil de l’eau.