Bougeons avec les Jeux : l’État s’engage pour le travail et l’emploi

La France accueillera les Jeux Olympiques du 26 juillet au 11 août 2024, puis les Jeux Paralympiques du 28 août au 8 septembre. Le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités se mobilise à cette occasion pour mettre cet événement au service des enjeux de solidarité qu’il porte au quotidien : insertion professionnelle, accès aux soins, droits des personnes en situation de handicap, égalité des chances, lutte contre les discriminations, etc.

Dans le champ du travail et de l’emploi, il s’agit de veiller au respect du droit et la santé des travailleurs impliqués dans la préparation et le déroulement des compétitions, mais aussi d’apporter des réponses durables aux besoins des territoires impliqués, conformément au Plan Héritage dont les 170 mesures ambitionnent d’offrir un legs durable à tous les Français.

La Charte sociale Paris 2024

Signée le 19 juin 2018 entre organisations syndicales et patronales, sur la base de 16 engagements sociaux et économiques, la Charte sociale Paris 2024 s’est donné trois objectifs principaux :
 

  • Veiller au respect des normes internationales du travail (en termes de recrutement, de rémunération, de sécurité, de lutte contre le travail illégal…). Cela se traduit par un appui auprès des acteurs à travers des outils (guides, foires aux questions…) et des contrôles de l’inspection du travail.
  • Favoriser l’inclusion professionnelle des publics fragiles sur le marché de l’emploi, à travers une clause d’insertion prévoyant que 10 % des heures de travail liées aux Jeux Olympiques soient réservées aux personnes éloignées de l’emploi. En décembre 2023, 3 644 personnes ont pu bénéficier de ce dispositif, pour une durée de travail moyenne de 714 heures. Il s’agissait pour moitié de personnes au chômage depuis plus d’un an et pour moitié de résidents de Seine-Saint-Denis.
  • Valoriser l’implication des entreprises et acteurs de l’économie sociale et solidaire : la Société de livraison des ouvrages olympiques (SOLIDEO) s’est notamment engagée à ce qu’au moins 10 % des marchés publics liés aux Jeux Olympiques et Paralympiques comportent des clauses sociales.

Marquant son intérêt pour la démarche, la chambre de commerce de Brisbane a d’ores et déjà pris attache avec les animateurs de la Charte sociale Paris 2024 pour s’en inspirer lors des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2032, qui auront lieu en Australie.

Accompagner les besoins de recrutement

Sécurité, restauration, logistique, entretien, régie, accueil, transports publics… de nombreux métiers sont nécessaires au bon déroulement des compétitions et à l’accueil en France des spectateurs. Afin d’y répondre, très en amont des Jeux, l’État a lancé avec France Travail le site emplois2024.fr recensant les postes à pourvoir dans ces domaines.

Pour atteindre les objectifs de recrutement, une campagne de communication permettra, de mars à septembre, d’inciter les personnes en recherche d’emploi à se rendre sur ce site, autour du slogan « Venez faire les Jeux ». L’objectif est non seulement d’assurer la réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques, mais aussi de réduire sur le long terme cette inadéquation entre l’offre et la demande et d’assurer un accès durable à l’emploi des salariés concernés.

Améliorer l’attractivité et renforcer l’accès aux métiers du sport

Organisé en juin 2023 dans une logique interministérielle, le Grenelle de l’emploi et des métiers du sport s’est donné pour but de créer 100 000 nouveaux emplois et multiplier par cinq les bénéficiaires des actions d’insertion, par et dans le sport. Cela s’est traduit par plusieurs actions :
 

  • Simplifier et mettre en cohérence les parcours de formation vers les métiers du sport en créant un référentiel commun ;
  • Renforcer les dispositifs d’accompagnement et de soutien à l’emploi, avec, notamment, l’ouverture d’une plateforme des métiers du sport ;
  • Améliorer la qualité et l’attractivité des trajectoires professionnelles, ce qui passe, entre autres, par la féminisation des métiers du sport et le lancement d’une campagne de promotion de ces métiers, comme celui de maître-nageur sauveteur, en manque de candidats ;
  • Contribuer à la montée en puissance du rôle social des acteurs et notamment des clubs sportifs, à travers la création d’un réseau de « clubs sportifs engagés » : l’objectif étant de capitaliser sur l’élan des Jeux Olympiques et Paralympiques pour passer de 1 000 clubs labellisés « engagés » fin 2023 à 10 000 clubs fin 2024 ;
  • Assurer une meilleure reconnaissance des compétences dans le sport.

Outil majeur de ce projet, la plateforme MétierScope, créée par France Travail, permet de découvrir les métiers du sport, de l’animation et des loisirs et d’accéder aux offres de ces secteurs.

Le Guide des grands événements sportifs

Ce guide s’adresse aux différentes parties prenantes de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques et aux futurs organisateurs de grands événements sportifs. Il expose les formalités et obligations à respecter en tant qu’employeur, pour les salariés recrutés en contrat de droit français comme pour les salariés détachés : relation contractuelle, protection sociale, règles liées à la maîtrise d’ouvrage, organisation des contrôles…

Recourir au bénévolat

Cet autre guide est consacré aux principes juridiques encadrant le recours au bénévolat. Il expose aux organisateurs les réflexes et les bonnes pratiques à observer, notamment en termes de temps et de conditions de travail, et permet aux bénévoles de connaître leurs droits.

On voit des agents du ministère du Travail, des Solidarités et de la Santé participer aux activités sportives organisées le 19 mars 2024, rythmées par des interventions de différentes personnes et des encarts donnant quelques chiffres clés.

Charlotte : « Je ne fais plus beaucoup de sport. Malheureusement, avec le temps de trajet, c’est un peu plus compliqué. Le fait de pouvoir faire du sport pendant mon temps de pause, c’est parfait. »

Encart : 80 % des salariés souhaitent pratiquer une activité physique en entreprise (source : Fédération française du sport en entreprise, présentation "FFSE", Fédération française du sport d’entreprise)

Isabelle Robert, coach : « Le sport va éviter les gros problèmes d’arthrose, les problèmes de sédentarité, le surpoids, le diabète, les problèmes cardiovasculaires. » Je pense que c’est un bénéfice pour les équipes. Ils viennent beaucoup plus régulièrement que dans une salle de sport. »

Encart : 30 % des arrêts maladie en France sont causés par les TMS (troubles musculo-squelettiques) (source : Fédération française du sport en entreprise, présentation "FFSE", Fédération française du sport d’entreprise)

Isabelle Robert : « Je pense que c’est un bénéfice pour les équipes. Ils viennent beaucoup plus régulièrement que dans une salle de sport. »

Encart : Augmentation de 6 à 9 % de la productivité grâce à une pratique sportive régulière en entreprise (source : Fédération française du sport en entreprise, présentation "FFSE", Fédération française du sport d’entreprise)

Nadège : « C’est très important d’avoir une salle de sport. Je ne fais pas de sport en dehors. S’il n’y avait pas de salle, j’en ferais moins, c’est sûr et certain. »

Encart : Le taux d’absentéisme est réduit de 30 à 40 % grâce à une activité physique régulière (source : Fédération française du sport en entreprise, présentation "FFSE", Fédération française du sport d’entreprise)

Nadège : « En ce moment, je ne fais que du stretching, deux fois par semaine, et ça me permet de me vider le corps, mais aussi l’esprit. »

Marie-Amélie Le Fur, athlète handisport et présidente du Comité paralympique et sportif français : « Souvent, le sport est la variable d’ajustement de nos quotidiens. Le fait de pouvoir faire sur son lieu de travail, sur le temps de midi, en fin de journée, son activité sportive, c’est un symbole très fort, parce que ça veut dire qu’on amène finalement le sport sur le temps de travail du salarié. »

Encart : 13 % des entreprises proposent du sport à leurs salariés : objectif de 24 % fin 2024 (source : Fédération française du sport en entreprise, présentation "FFSE", Fédération française du sport d’entreprise)

Marie-Amélie Le Fur : « C’est un symbole d’accompagner les différents salariés dans le bien-être : le bien-être physique, le bien-être psychique… C’est aussi tout simplement un enjeu de santé. Le sport doit vraiment se rendre accessible à toutes et à tous, car c’est un véritable vecteur d’émancipation individuelle. »

 

Le sport au travail : un enjeu de santé, de prévention et de bien-être

Les Jeux Olympiques et Paralympiques offrent l’opportunité de développer la pratique d’une activité physique en milieu professionnel. Dans le cadre de la Grande cause nationale Bouge chaque jour !, les employeurs se mobilisent pour inviter leurs salariés à pratiquer une activité physique quotidienne, aussi bien pour leur santé que pour le bien-être collectif au travail. L’objectif est que 24 % des entreprises (contre 13 % aujourd’hui) mettent en place des aménagements pour la pratique sportive de leurs salariés avant la fin de l’année 2024.

A l’occasion de l’accueil de la tournée des drapeaux Olympiques et Paralympiques dans ses locaux de l’avenue Duquesne, le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités a organisé pour sa part le 19 mars 2024 une journée pour inciter ses quelque 6 000 agents à pratiquer le sport sur leur lieu de travail. Au programme : inauguration de salles de sport rénovées et initiation à des disciplines olympiques (boxe, escrime, taekwondo et tir à l’arc) et paralympiques (para tennis de table et basket fauteuil).

Pour aller plus loin : ressources complémentaires