Devenez inspecteur du travail !

Les agents du corps de l’inspection du travail (catégorie A), guidés par l’intérêt général, exercent des métiers variés, au centre de l’actualité sociale, des relations du travail et des politiques du travail et de l’emploi. Selon leur affectation, les inspecteurs du travail fonctionnaires de l’État veillent à l’application de la législation du travail, par le contrôle en entreprise, mais aussi par le conseil aux acteurs du monde du travail.

Ils mettent en œuvre les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle continue ainsi que de l’apprentissage en direction des entreprises et participent à la lutte contre le chômage et l’exclusion. Ils contrôlent la bonne utilisation des fonds de la formation professionnelle dans les entreprises et organismes (opérateurs de compétences, organismes de formation, etc.).

Les inspecteurs du travail dépendent du ministère du Travail et exercent leurs différentes missions dans les services déconcentrés du ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, au sein des Directions Régionales de l’Economie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS) et des Direction Départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DDETS), et plus rarement dans les administrations centrales. En intervenant au contact des entreprises, auprès des partenaires sociaux et de l’ensemble des acteurs du monde du travail, ils sont au cœur des relations et des politiques de l’emploi. Recrutés sur concours, ils bénéficient d’une formation rémunérée.

Le ministère du Travail recrute, devenez inspecteur !
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Le principal métier exercé, notamment en premier poste, est celui d’agent de contrôle de l’inspection du travail. L’inspection du travail est un corps de contrôle dont la mission essentielle est d’agir pour l’effectivité du droit du travail et le respect des droits fondamentaux des travailleurs.

Le service public de l’inspection du travail a ainsi pour finalité d’assurer le respect et la mise en œuvre effective de principes particulièrement nécessaires à notre temps proclamé par le préambule de la constitution de 1946 tels que la protection de la santé au travail, le droit à représentation et à l’action syndicale et collective, ou le droit au repos.

Sur le terrain, ils contrôlent les lieux de travail, informent et conseillent les salariés et les employeurs. Ils contribuent à la prévention des risques professionnels, à l’amélioration des conditions de travail, au développement du dialogue social et à d’importantes politiques publiques comme l’égalité professionnelle, les non-discriminations, la lutte contre le travail illégal. Ils disposent de pouvoirs d’enquête et de moyens d’actions étendus, et d’une garantie d’indépendance dans l’exercice de leurs missions.

Quatre missions essentielles

  1. Contrôler l’application de la législation (code du travail, conventions et accords collectifs…) dans tous ses aspects : santé et sécurité au travail, fonctionnement des institutions représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel…), droit syndical, durée du travail, contrat de travail, travail illégal, licenciement, …
  2. Conseiller et informer les employeurs, les salariés, les représentants du personnel notamment sur leurs droits et obligations, la négociation collective, …
  3. Alerter l’administration centrale sur les évolutions du travail et les carences éventuelles de la législation.
  4. Faciliter la conciliation entre les parties notamment lors des conflits collectifs.

Disposant de compétences d’autorité administrative étendue (autorisation de rupture du contrat de travail des salariés protégé, dérogation en matière de durée du travail, …) elle peut également ordonner la cessation temporaire d’activité dans plusieurs situations.

L’inspection du travail fait l’objet de garanties définies par l’Organisation internationale du travail (OIT). Les agents de contrôle agissent dans le cadre d’un système d’inspection du travail, placé sous la surveillance et le contrôle d’une autorité centrale, la Direction générale du travail. Ils s’appuient sur l’expertise d’autres acteurs, tel le médecin inspecteur du travail ou l’ingénieur de prévention.

Corollaire de ses prérogatives et pouvoirs importants, l’inspection du travail s’est dotée d’un code de déontologie (décret n° 2017-541 du 12 avril 2017 codifié aux articles R. 8124-1 à R. 8124-33 du code du travail). Ses agents de contrôle prêtent serment et doivent remplir une déclaration d’intérêt.

Les membres du corps de l’inspection du travail (IT) exercent aussi leurs activités dans les champs des politiques de l’emploi (insertion professionnelle et mutations économiques) et de la formation professionnelle et de l’apprentissage. Au sein des DREETS-DDETS, les membres de corps de l’IT exercent ainsi des activités de contrôle (formation professionnelle), d’accompagnement et de déploiement de politiques publiques (promotion de dispositifs, pilotage de programmes et de projets, animation de réseaux et de partenariats sectoriels et territoriaux).

Trois types de fonctions ou métiers sont exercées ou peuvent être exercées par les inspectrices et inspecteurs du travail en termes de métiers sur des postes à l’emploi :
- le pilotage de dispositif ou de projet ;
- l’animation autour des questions de mutations économiques et d’animation territoriale ;
- la fonction de contrôle de la formation professionnelle.

Le pilote de dispositif ou de projet  : selon le portefeuille de mesures liées au poste occupé (jeunes, insertion par l’activité économique (IAE), actifs handicapés, apprentissage …), ces fonctions sont assurées selon la taille des UD en responsabilité ou non d’un service. Le profil de ces postes évolue vers des fonctions de dialogue de gestion, de suivi d’évaluation, d’animation des politiques liées aux dispositifs concernées et de développement des partenariats.

L’animation autour des mutations économiques et des territoires (le chargé de développement de l’emploi dans les territoires – CDET) : fonction déterminante au sein des UD principalement mais aussi des UR, elle requiert une forte implication dans l’animation territoriale (connaissance des acteurs, capacité à les mobiliser, capacité à les fédérer autour d’un projet…). L’évolution souhaitée est de conserver l’action en matière d’insertion professionnelle mais aussi de développer les actions en direction des entreprises autour des questions de difficultés de recrutement et de développement des compétences.

La fonction de contrôle au sein des services régionaux de contrôle de la formation professionnelle (SRC) : le chargé du contrôle de la formation professionnelle a pour mission de contrôler l’application de la réglementation relative à la formation professionnelle, à l’apprentissage et au fonds social européen (FSE). Il agit dans le cadre du plan régional de contrôle qui décline notamment les orientations nationales et assure le contrôle de l’utilisation du FSE.

Des compétences spécifiques

L’inspecteur du travail exerce un métier de terrain qui implique de comprendre l’entreprise dans sa globalité. Il est l’interlocuteur de l’employeur, des salariés, des représentants du personnel et de très nombreux acteurs. Le sens des responsabilités et du service public sont nécessaires pour faire face par exemple à des risques graves ou portant atteinte à des droits fondamentaux.

Le métier d’inspecteur du travail nécessite plusieurs compétences et qualités indispensables :
- de la curiosité, de bonnes connaissances juridiques et une capacité à comprendre le milieu du travail, et les évolutions économiques et sociales ;
- le sens du dialogue et de l’écoute ;
- du tact, de la diplomatie, mais aussi de la réactivité et de l’autorité ;
- de l’impartialité, de l’intégrité et de la discrétion ;
- une capacité à décider, d’adaptation aux situations les plus variées ;
- le sens du travail en équipe, de l’organisation.

Pour l’inspecteur du travail qui exerce sur les champs de l’emploi, les compétences et qualités requises incluent celles exercées sur le champ du travail. Toutefois, la capacité à conduire un projet (territorial, sectoriel, …) est également indispensable pour mener à bien les missions à accomplir.

La rémunération est évolutive et diffère selon les voies d’accès au corps.

La formation à l’INTEFP est rémunérée : les inspecteurs-élèves issus des concours externes et du 3ème concours perçoivent au moins une rémunération mensuelle nette d’environ 1568 € les 12 premiers mois, à laquelle s’ajoutent des indemnités de stage et l’éventuel supplément familial de traitement. Les inspecteurs-élèves peuvent en outre bénéficier, à titre gratuit, d’un hébergement à l’INTEFP. Ces inspecteurs du travail stagiaires perçoivent ensuite environ 2049€ net au minimum pendant les 6 derniers mois de la formation.

Une fois titularisé l’inspecteur du travail issu du concours externe et en l’absence de reprise d’ancienneté perçoit une rémunération nette mensuelle d’environ 2155 € minimum (2282 € en Ile-de-France), à laquelle s’ajoutent une prime annuelle, une indemnité de résidence de 3% en IDF (1% pour Lille et Lyon), une participation éventuelle à la mutuelle et un éventuel supplément familial de traitement.

Pour les inspecteurs-élèves déjà fonctionnaires précédemment, durant la scolarité, il est possible d’opter pour le traitement auquel il aurait eu droit dans le corps d’origine, puis le classement dans le grade d’IT se fait à l’échelon comportant un indice égal ou immédiatement supérieur à celui détenu précédemment. Pendant la scolarité, une prime d’activité de 250 € brut s’ajoute au traitement de base, puis à la prise de poste une IFSE de 594 € brut mensuel (750 € pour IDF).

Pour les lauréats du 3ème concours, il n’y a pas de reprise de l’ancienneté ou de la rémunération antérieure, sauf expérience en tant que contractuel dans le secteur public (sous certaines conditions). En revanche ils sont titularisés directement au 3ème échelon et se voient attribuer 1 an d’ancienneté.

Son évolution suit la grille indiciaire du corps et le parcours professionnel de l’agent pour la partie indemnitaire (primes). Tout le détail ici.

Enfin, les inspecteurs du travail recrutés par détachement sont reclassés à l’échelon correspondant à l’indice égal ou immédiatement supérieur à leur niveau indiciaire antérieur, et voient leur niveau de rémunération maintenu, dans le respect du cadre défini pour le corps de l’inspection du travail. Au minimim, le montant de l’IFSE brut annuel pour un inspecteur du travail est de 7 135 euros, soit 594,58 €/mois (9 000 en Ile-de-France, soit 750 €/mois).

Les inspecteurs peuvent accéder aux grades de directeur adjoint du travail ou de directeur du travail. Ainsi, ils peuvent occuper des postes à plus larges responsabilités, encadrer des équipes de taille importante et assurer des activités de pilotage, d’animation et d’accompagnement de grands projets.

La possibilité de pouvoir accéder à des fonctions et métiers différents est le gage d’une richesse et d’une diversité des parcours professionnels.

Trois concours et deux recrutements spécifiques sont organisés chaque année.

- Le concours externe, qui s’adresse principalement aux titulaires d’un diplôme de niveau II (BAC+3) et plus. Il comprend trois épreuves d’admissibilité (composition sur le rôle des pouvoirs publics ; questions à réponses courtes sur le droit du travail et le droit social européen ; composition dans une matière à option choisie par le candidat) et trois épreuves d’admission (mise en situation individuelle, entretien avec le jury, conversation en langue étrangère *).

- Le concours interne, ouvert aux fonctionnaires et agents publics justifiant de quatre années de services publics. Il comprend trois épreuves d’admissibilité (note de synthèse sur des questions de travail ou d’emploi et de formation professionnelle ; questions à réponses courtes sur le droit du travail et le droit social européen ; composition dans une matière à option choisie par le candidat) et deux ou trois épreuves d’admission (mise en situation individuelle, entretien avec le jury à partir d’un exposé sur l’expérience professionnelle, et une conversation en langue étrangère facultative*).

- Le 3e concours, qui s’adresse aux candidats justifiant de huit années de mandat ou d’activité professionnelle. Il comprend deux épreuves d’admissibilité (note de synthèse sur des questions de travail ou d’emploi et de formation professionnelle ; questionnaire à réponses courtes sur le droit du travail et le droit social européen) et de deux ou trois épreuves d’admission (mise en situation collective, entretien avec le jury à partir d’un exposé sur l’expérience professionnelle, et une conversation en langue étrangère facultative*).

* Anglais, espagnol, portugais, allemand, italien ou polonais.

Il n’y a pas de limite d’âge pour se présenter aux différents concours.

En savoir plus sur les concours

Les inscriptions aux concours ont lieu du 1er mars au 1er avril 2022. Les épreuves d’admissibilité se déroulent les 14 et 15 juin 2022, les épreuves orales d’admission à partir du 7 novembre 2022.

- Pour les personnes en situation de handicap, un recrutement contractuel est organisé chaque année sur dossier avec une épreuve orale d’admission. Plus d’informations

- Pour les fonctionnaires de catégorie A souhaitant devenir inspecteur du travail, la voie du détachement permet d’intégrer le corps de l’inspection du travail à l’issue d’une procédure de sélection, en candidatant sur l’un des postes offerts à cette voie. La sélection se fait sur examen de la candidature complété d’un entretien. Les agents retenus devront suivre une formation de 9 mois à l’Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (INTEFP) à Marcy-L’étoile, près de Lyon. Plus d’informations

I - Préparation aux concours assurée par l’INTEFP :

L’Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (INTEFP) a pour principales missions, la formation initiale des inspecteurs du travail, la formation continue de l’ensemble des agents du ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle, la formation interministérielle dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail. Il organise également la préparation aux concours d’inspecteurs du travail.

Dans ce cadre, l’INTEFP met en place une classe Prépa Talents au concours externe de l’inspection du travail, accessible aux étudiants et demandeurs d’emploi : Où se renseigner ?

II - Préparations proposées dans les IPAG/CPAG

- La Prépa Talents de l’INTEFP : plus d’informations

- Les autres instituts et centres préparant au concours d’inspecteur du travail :

  • Les instituts de préparation à l’administration générale (IPAG) :
    Liste des IPAG
  • Les centres de préparation à l’administration générale (CPAG) :
    Liste des CPAG

Les lauréats du concours sont nommés inspecteurs élèves du travail. Ils suivent une formation rémunérée de 18 mois, organisée par l’Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (INTEFP) à Marcy-L’étoile, près de Lyon, qui se décompose comme suit :
- Une première période de tronc commun de 12 mois en qualité d’inspecteur élève,
- Une deuxième période de spécialisation en qualité d’inspecteur stagiaire,
La formation se déroule en alternance entre le campus de l’INTEFP ou les centres interrégionaux de formation (CIF), et un lieu de stage.

Vous pouvez vous inscrire en ligne, à partir de la date d’ouverture des inscriptions fixée par arrêté ministériel ou consulter les modalités d’inscription.

POUR INFO  : Les inscriptions au concours d’inspecteur du travail se dérouleront du 1er mars au 1er avril 2022.