Styrène

Données générales

Le styrène est un liquide visqueux qui peut prendre une teinte incolore à jaunâtre.

Il est peu soluble dans l’eau mais se mélange à de nombreux solvants organiques (acétone, éther, méthanol, benzène, toluène…).

Le styrène est utilisé en synthèse organique mais aussi pour la fabrication de matières plastiques et de caoutchoucs.

Les secteurs les plus touchés par le styrène :

  • Le secteur des polystyrènes
  • Le secteur des caoutchoucs synthétiques (styrène-butadiène)
  • Le secteur des polyesters insaturés et insaturés renforcés (fibres de verres par exemple)

Quels sont les risques

Céphalées, irritations, incendie, explosion, dissolution de matières plastiques.

Risques aigus (exposition brève)
Céphalées, somnolence, vertiges, asthénie, irritation nasale et troubles de coordination : liés à l’inhalation du styrène
Irritation des yeux : liée au contact avec le styrène

Risques chroniques (exposition prolongée)
Céphalées, nausées, vertiges, sensation d’ébriété et troubles de coordination : liés à l’inhalation du styrène
Irritation des yeux, du nez et de la gorge : liée au contact avec le styrène

Autres risques

  • Incendie et explosion : liés au caractère inflammable du styrène et à sa faculté à former des mélanges explosifs avec l’air au dessus de 40°c (forme un peroxyde explosif thermosensible)
  • Réaction très vive avec les oxydants pouvant être explosive
  • Dissolution de certaines matières plastiques et caoutchoucs

Les moyens de prévention

Fiche de données de sécurité, vase clos, aspiration, ventilation, équipements de protection individuelle, local frais/ventilé, récipients en acier, dispositions ATEX.

  • Vérifier et prendre connaissance de l’étiquetage et de la fiche de données de sécurité du produit (notamment sur les précautions d’emploi et de stockage)
  • Manipuler en vase clos, à défaut :
    • mettre en place des aspirations, pour capter les émissions à leur source
    • mettre en place une ventilation générale des locaux sans recyclage de l’air
  • Se munir d’équipements de protection individuelle systématiquement lors de la manipulation du produit : vêtements de protection, lunettes de sécurité, gants imperméables
  • Informer les salariés sur les risques encourus et les moyens de s’en prémunir (en cas de contact, rincer à grande eau pendant 15 minutes)
  • Stocker le produit dans un local frais et ventilé sous rétention, à l’abri de la chaleur et à l’écart des produits oxydants, des acides forts, des catalyseurs de polymérisation
  • Stocker dans des récipients en acier, acier inoxydable ou aluminium et en verre pour de petites quantités à une température inférieure à 15°c
  • Les installations électriques (éclairage, local…) doivent être adaptées aux dispositions ATEX (Atmosphère Explosive)

Sources réglementaires

Partie IV du code du travail, notamment :

  • Les dispositions générales sur l’aération/assainissement des locaux de travail : Article R. 4221-1 et suivants
  • La prévention du risque chimique : Article R. 4412-1 et suivants
  • La conception des lieux de travail en matière de prévention des explosions : Articles R. 4216-31 et R. 4227-42 à R. 4227-54

Classement et étiquetage :

Il est classé nocif par inhalation.

Tableaux de maladie professionnelle

Tableaux n° 66 et 84 des maladies professionnelles.

Pour en savoir plus

INRS

  • Bruit et agents ototoxiques INRS ED 5028 : Certains agents toxiques professionnels comme les solvants aromatiques, le monoxyde de carbone et l’acide cyanhydrique, ou extra-professionnels comme les antibiotiques, les diurétiques, les sallicylates et les anti-tumoraux, peuvent fragiliser l’oreille interne des salariés. Or, les limites réglementaires à l’exposition au bruit ont été établies pour des sujets sains ne présentant pas de fragilité de l’oreille interne. Une oreille envahie par un agent ototoxique, ou une oreille vieillissante, pourrait se révéler plus vulnérable à une agression sonore qu’une oreille exposée uniquement au bruit.