Rencontre avec l’association Force Femmes

Seul le prononcé fait foi

Mesdames et messieurs,

Pour cette journée des droits des femmes, j’ai souhaité rencontrer une association qui participe activement au combat au combat en faveur de l’égalité professionnelle. A travers cette visite, c’est donc à l’action menée, sous la houlette de votre présidente, par vos salariés et les centaines de bénévoles qui s’engagent que je veux rendre hommage. Votre rôle est précieux, en particulier pour les milliers de femmes que vous avez aidées depuis votre création il y a plus de 10 ans (20.000 au total !).

Si ce combat pour l’égalité et la prise de conscience collective progressent, tant de choses restent à faire.
-  Les inégalités au travail heurtent d’autant plus que les femmes, nous le savons, enregistrent de meilleurs résultats scolaires que les hommes. Mieux, les jeunes femmes de moins de 25 ans sont nettement plus nombreuses que les hommes à obtenir un diplôme correspondant à un 2ème ou à un 3ème cycle universitaire (61% contre 45%).
-  Et pourtant, ensuite, les unes cumulent beaucoup de handicaps lorsque leurs camarades hommes, eux, entament leur carrière avec davantage d’atouts.

Notre vision du travail, heureusement, évolue : alors qu’en 1962, les femmes représentaient seulement 1/3 de la population active, elles en représentent aujourd’hui la moitié(48 %) ! Mais cette parité est encore loin de l’égalité !! Et pour cause : si on regarde l’écart de salaires, il était de 29% en 1991, il n’est « plus que de »19 % aujourd’hui. Ce progrès compte, bien sûr, pour toutes celles qui en ont bénéficié… Mais quelle lenteur tout de même : 10% en 25 ans… Au même rythme, il nous faudrait encore un demi siècle pour parvenir à l’égalité salariale ! Qui pourrait s’en satisfaire ? Expliquer aujourd’hui, Mesdames, à nos petites filles que, si nous poursuivons ainsi, peut-être, auront-elles la « chance » de se trouver sur un pied d’égalité avec nos petits-fils…

Les inégalités de revenus ont de multiples causes : le temps partiel pèse lourd aussi… Subi ou réellement choisi ? Les femmes représentent 80% des salariés à temps partiel, avec une augmentation nette à partir de 35 ans, lorsque la famille s’élargit… Ou comment cantonner les femmes à un rôle de mère, qui vient s’opposer au développement de leur carrière.

L’éclatement des familles est également l’occasion, pour les femmes, de subir la précarité : 84% des familles monoparentales ont une femme à leur tête…

Aujourd’hui, si les femmes cherchent comme les hommes à avoir une vie professionnelle qui leur permette d’être autonomes et épanouies, beaucoup se joue dans la sphère privée : les femmes consacrent aujourd’hui deux fois plus de temps aux tâches domestiques que les hommes (4 heures contre 2 heures environ). Il faut donc travailler sur les stéréotypes pour revenir sur cette répartition sexuée des rôles sociaux, porteurs des germes de l’inégalité. Voilà pourquoi il faut continuer à parler de ce sujet, à sensibiliser, à inciter, à contraindre même pour faire progresser l’égalité.

Une étude récente de France Stratégie (février 2016) montre que les femmes ont aujourd’hui encore systématiquement un moindre accès à l’emploi (taux d’activité et taux d’emploi) que les hommes de la même origine, doublé d’un moindre accès à l’emploi de qualité (CDI à temps plein et accès aux 10 % des salaires les plus élevés).

Ces situations sont injustes et inacceptables car elles mettent à mal les valeurs qui fondent le pacte républicain et empêchent les citoyennes de bénéficier des mêmes opportunités que les autres citoyens.

Voilà pourquoi faire progresser l’égalité professionnelle est l’une des priorités du gouvernement depuis 2012.

De nombreuses dispositions ont été votées par le Parlement lors de l’examen de la loi relatif au dialogue social et à l’emploi du 17 août 2015. La loi permet par exemple aux femmes d’être plus présentes dans les instances de représentation au cœur des entreprises et dans les conseils de prud’hommes. Mais surtout, l’égalité professionnelle est placée au cœur des discussions entre les employeurs et les salariés. Car pour que les stéréotypes sexués disparaissent, que les discriminations cessent, et que la parité progresse, il faut que l’égalité professionnelle soit au cœur du dialogue social dans l’entreprise.

De plus, pour lutter contre la précarité des salariés à temps partiel, notamment des femmes, le Gouvernement a, avec la loi sur la sécurisation de l’emploi, instauré une durée minimale hebdomadaire de travail de 24 heures.

Autre exemple, favoriser l’égalité professionnelle, c’est d’aider les employeurs à prendre conscience des discriminations, qui existent parfois sans qu’ils en soient conscients. C’est le sens de la grande campagne de testings des entreprises qui sera lancée prochainement. L’enjeu est d’analyser leur processus de recrutement, notamment au regard des discriminations, et d’agir par des plans d’action dédiés, élaborés avec les partenaires sociaux.

Vous le voyez, la mobilisation du Gouvernement est forte pour faire avancer l’égalité au cœur du monde du travail. Mais la dynamique doit aussi être partagée par les acteurs économiques. C’est en ce sens que l’action de Force Femmes m’apparaît tout aussi déterminante.

Par votre philosophie, vous défendez l’idée que les femmes, notamment de plus de 45 ans, sont une ressource pour l’entreprise et pour la société. En mettant en place des actions en matière d’appui au retour à l’emploi et à la création d’entreprises, vous participez à renforcer l’insertion des femmes sur le marché du travail.

Il n’y a rien de plus efficace que la démonstration par l’exemple et l’expérience. Une femme qui réussit fait de son parcours professionnel un modèle qui inspire.