Premiers résultats et perspectives

Une année 2019 marquée par une forte montée en charge

Toutes les régions métropolitaines et d’outre-mer sont aujourd’hui dotées d’un Pacte régional d’investissement dans les compétences 2019-2022.

Ils sont signés entre les Conseils Régionaux et l’État, à l’exception de deux territoires – Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur –, dans lesquelles les Pactes sont mis en œuvre par Pôle emploi (en raison de la décision des exécutifs régionaux de ne pas s’engager).

Ce sont, en 2019, 450 000 entrées en formation supplémentaires et 320 000 prestations d’accompagnement qui ont été permises grâce au Plan d’investissement dans les compétences permettant ainsi de :
- Proposer des formations aux savoirs de base et de lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme sur l’ensemble du territoire, dans des logiques de parcours sans couture ;
- Financer des actions de formation sur mesure en réponse aux besoins des entreprises dans les secteurs et métiers en tension et des actions menant à une qualification reconnue, repensées dans leurs contenus, pour qualifier ou requalifier la main d’œuvre vers les métiers d’avenir.

En complément, alors que de nombreuses entreprises expriment des besoins en compétence non pourvus et des difficultés à recruter, plusieurs programmes nationaux ont permis de financer des actions destinées à répondre aux besoins des métiers en tension.

- Les préparations opérationnelles à l’emploi collectives (POEC) mise en œuvre par les opérateurs de compétences (OPCO) permettent aux demandeurs d’emploi de bénéficier de la formation nécessaire à l’acquisition des compétences requises pour occuper des emplois correspondant à des besoins identifiés par une branche professionnelle. 38 000 bénéficiaires ont été formés sur l’année 2019.
- Les actions de formation réalisées juste avant le début du contrat de travail (POEI et AFPR) et mobilisées directement par les entreprises ont en 2019 concerné 83 000 bénéficiaires.
- L’action « Valoriser son image professionnelle », portée par Pôle emploi, qui a pour objectif de préparer les demandeurs d’emploi dans leur démarche d’accès à l’emploi (mieux connaître, développer et/ou valoriser ses savoir-être professionnels) et in fine, d’être capable d’évoluer avec aisance en milieu professionnel, a été largement déployée. En 2019, ce sont 68 000 personnes qui ont bénéficié de ce programme.

Pour impulser de nouveaux parcours d’accompagnement dans une logique de R&D sociale, plusieurs appels à projets d’innovation ont également été lancés. Ils permettent de stimuler l’accompagnement vers l’emploi, à travers des logiques d’expérimentation en cycle court, de conception orientée vers et pour l’usager et d’engagement des différentes parties concernées.

Au total, 197 lauréats ont été retenus dans le cadre de ces appels à projets d’innovation qui ont permis d’accompagner et de former 8 500 personnes en 2019.
- « 100 % inclusion », pour proposer des parcours d’accompagnement innovants aux publics les plus vulnérables. 21 projets retenus, 2 000 bénéficiaires.
- « Insertion professionnelle des réfugiés ». 60 projets retenus, 2 000 bénéficiaires.
- « Prépa apprentissage », pour faciliter l’entrée en apprentissage des jeunes les moins qualifiés et limiter les ruptures de parcours. 116 lauréats, 4 500 bénéficiaires.

Il faut souligner la forte mobilisation des porteurs de projets qui ont répondu présents (plus de 455 projets déposés et instruits). Les projets proposés répondent à la dynamique de transformation attendue et permettent d’expérimenter de nouvelles manières de faire. La mise en mouvement importante du tissu associatif, des acteurs de la formation et plus largement des acteurs de terrain, qui s’associent pour proposer des projets inédits qui sortent des cadres habituels, témoigne de la transformation en cours.
Ces appels à projets traduisent également la transformation de l’action publique à travers un cadre très ouverts, l’association de groupes de bénéficiaires en amont des prises de décision, la sélection par des jurys indépendants élargis à la société civile et présidés par des personnalités qualifiées (Louis Schweitzer, Eric Kayser, Marc-François Brazier). Un comité scientifique regroupant une vingtaine de membres dans des disciplines diverses est chargé du suivi de l’évaluation du Plan d’investissement dans les compétences.

La Prépa compétences propose, en complément de ces actions, une réponse à des publics pour lesquels il est nécessaire de consolider le projet professionnel avant l’entrée en formation. Elle a permis en 2019 à 30 000 demandeurs d’emploi de garantir un accès à la formation facilité, en cohérence avec ses aspirations et les besoins du marché du travail.

Signalons également les projets soutenus dans le cadre de l’appel à projets « soutien aux démarches prospectives compétences » des branches professionnelles. Une trentaine de projets ont été retenus qui répondent aux enjeux stratégiques de prospective des compétences des branches.

2020 : L’année du plein déploiement des actions

En cohérence avec la dimension pluriannuelle du Plan d’investissement, le projet de loi de finances 2020 prévoit de « prolonger l’effort de l’État en faveur de la formation des demandeurs d’emploi dans le cadre du PIC ». En 2020, plus de 2,9 milliards d’euros seront consacrés à cet effort sans précédent.

Les moyens mobilisés en 2020 vont permettre de poursuivre l’augmentation du nombre de parcours de formation proposés aux personnes en recherche d’emploi pas ou peu qualifiés et, au-delà de cet objectif d’augmentation significative du nombre de personnes vulnérables formés (et justement pour le rendre possible), d’intensifier les actions permettant de tester de nouvelles approches, de transformer les contenus et les modalités pédagogiques.

En 2020, le Plan d’investissement permettra ainsi de financer plus de 475 000 entrées en formation supplémentaires.

D’une part, les parcours de formation, financés par les Pactes régionaux d’investissement dans les compétences, vont atteindre leur plein déploiement en 2020. Ces Pactes, qui s’appuient sur des diagnostics des besoins territoriaux en compétences et en formation, permettent de financer des parcours personnalisés, jalonnés de plusieurs formations et d’actions d’accompagnement.

- Le financement de nouveaux parcours « sans couture » vers l’emploi durable s’intensifie en 2020, à travers une offre de formations aux savoirs de base, permettant de lutter contre l’illettrisme et l’illectronisme sur l’ensemble du territoire, complétée par une offre de formations sur mesure permettant de répondre aux besoins des entreprises dans les secteurs et métiers en tension et par une offre de formation qualifiante repensée dans son contenu.
- En complément, 2020 sera l’année où vont se déployer les projets structurants de transformation de la commande de formation en réponse aux besoins des entreprises, notamment par le recours à la data pour mieux croiser besoins de compétences avec l’offre de formation, et d’évolution des contenus des formations et de la pédagogie. L’introduction de la logique de formation en situation de travail, du numérique dans les contenus de formation, de la réalité virtuelle sont quelques-unes des approches pédagogiques renouvelées.
- Les Pactes vont également permettre de lancer des appels à projets d’innovation, pour faire émerger de nouvelles approches expérimentales, avant capitalisation et essaimage.
- La réponse aux besoins des secteurs en tension et des entreprises qui peinent à recruter s’intensifie également en 2020, à travers un soutien accru aux actions soutenues par les branches professionnelles (POEC : 45 000 demandeurs d’emploi) et à celles mobilisées par les entreprises (POEI, AFPR : 90 000 demandeurs d’emploi). L’action, portée par Pôle emploi, « Valoriser son image professionnelle » qui prépare les demandeurs d’emploi à l’accès à l’emploi, en proposant des ateliers leur permettant de valoriser leur savoir-être professionnel et d’évoluer avec aisance en milieu professionnel va concerner en 2020 75 000 bénéficiaires.
- Des actions sont également lancées dans les territoires pour aller vers les publics dits « invisibles », en particulier les jeunes, à travers un appel à projets déconcentré en régions, porté par les services de l’État. Ces actions de repérage et de remobilisation des jeunes invisibles qui représentent un enjeu décisif vont tourner à plein régime en 2020.
- Les projets soutenus dans le cadre des appels à projets d’innovations – 100 % inclusion, insertion professionnelle des réfugiés et Prépa apprentissage –entrent également dans une étape de pleine mise en œuvre qui mènent vers des parcours pédagogiques modularisés et individualisés. Les « labs territoriaux » créés permettent aux porteurs de projets de se rencontrer et de travailler ensemble sur leurs enjeux communs et les freins qu’ils peuvent rencontrer, en vue d’enrichir au fil de l’eau les approches. Ils vont ainsi permettre de capitaliser sur les bonnes pratiques et de détecter les difficultés de mise en œuvre.

2020 va aussi permettre d’intensifier les innovations et les expérimentations.

- Décloisonner l’espace-temps de la formation. Car la formation entretient une relation trop normée avec le temps et l’espace, qui ne correspond plus aux attentes de nos concitoyens et aux exigences pédagogiques. Il est temps de les rendre les approches pédagogiques plus compatibles avec les contraintes, les possibilités et les envies des actifs, pour les rendre plus pertinentes sur le plan de l’apprentissage, en sortant des cadres normés : rendre possibles les interruptions et les retours en formation dans une logique de suspension – reprise, proposer des entraînements post formation, sécuriser les périodes entre deux formation, poursuivre l’accompagnement pendant les 1e mois du contrat de travail …
- Tester de nouvelles approches pédagogiques : repenser la place des apprenants dans les apprentissages, diffuser de nouvelles approches pédagogiques à travers notamment l’apport des sciences cognitives dans la pédagogie (pour optimiser l’attention et l’engagement des apprenants, pour améliorer l’ancrage mémoriel des nouvelles connaissances acquises, pour intégrer la culture de l’erreur), à travers des approches ludiques (serious games), de la réalité virtuelle déjà bien développée dans certains domaines,
- Mieux impliquer l’entreprise dans les apprentissages pour permettre de développer la formation en situation de travail, pour donner une traduction à la notion d’alternance qui ne doit pas être une pédagogie juxtaposée mais articulée. L’enjeu est notamment de faire évoluer le clivage historique entre formation et travail, acquisition de compétences en centre de formation et mise en pratique en situation d’activité.