Les 3 axes du Plan d’investissement dans les compétences

Face aux évolutions du marché du travail, à la mutation des emplois et pour lutter contre le chômage de masse, la compétence est la clé de voûte d’une croissance durable et inclusive.



"Le Plan d’investissement dans les compétences est le plus grand investissement que notre pays n’ait jamais entrepris pour la formation des plus fragiles : inédit à la fois au regard des montants consacrés et de sa durée pluriannuelle." Muriel Pénicaud, ministre du Travail



Axe 1 | Mieux analyser les besoins de compétences pour mieux orienter les politiques de formation et les personnes

  • Un appel à projets destiné aux branches professionnelles : les premiers projets retenus se donnent pour objectif de mieux répondre aux besoins en recrutement des entreprises et favoriser des passerelles entre métiers (au sein et en dehors de la branche professionnelle) ;
  • Dans le cadre des Pactes régionaux, une exigence partagée avec les régions de réaliser des analyses en continu des besoins des entreprises, en s’appuyant sur de nouveaux outils.

Et demain ?
D’autres projets sont en préparation et notamment un appel à projets d’innovation sur les méthodes d’analyse de la data emploi, mobilisant l’intelligence
artificielle.


Axe 2 | Financer de nouveaux parcours de formation et d’accompagnement vers l’emploi durable

"L’approche par les compétences s’attache aux potentialités des individus. Elle va au-delà des diplômes et affirme que tout n’est pas joué à vingt ans, que tout n’est pas compromis si on a décroché du système scolaire en cours de route."
Jean-Marie Marx haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi

Une mise en œuvre en régions pour transformer en profondeur les parcours de formation (52 % des financements du Plan).

  • Dès 2018, financement de 148 000 parcours de formations supplémentaires pour les jeunes ou les demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés.
  • Sur la période 2019-2022, les Pactes régionaux d’investissement dans les compétences avec les régionsvont permettre à la fois d’amplifier l’accès des jeunes et demandeurs d’emploi vulnérables à des parcours de formation vers l’emploi durable et d’expérimenter de nouvelles façons de faire : formations en situation de travail, introduction de la réalité virtuelle dans les modules pédagogiques …

Répondre aux besoins des secteurs en tension et en transformation
10Knum : financement de 10 000 formations aux métiers du numérique ;
10Kvert : une priorité donnée aux métiers verts pour accélérer la transition écologique ;
Plus de 30 000 préparations opérationnelles à l’emploi collectives financées en 2018 par le Plan d’investissement.

Encourager la politique d’inclusion par l’emploi
• Pour développer l’insertion par l’activité économique (IAE), le Plan favorisera l’accès à la formation de plus de 150 000 personnes sur 5 ans ;
• Développer les Groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ) : grâce au Plan, le nombre de bénéficiaires sera porté à 15 000 ;
• Valoriser son image professionnelle et développer ses savoir-être professionnels : d’ici 2022, 300 000 jeunes et demandeurs d’emploi auront profité de cette prestation nouvelle.

Répondre aux besoins des publics les plus en difficulté et en particulier les jeunes
• Extension de la Garantie jeunes : 100 000 jeunes peu qualifiés bénéficieront de ce dispositif.
• Des prépa-compétences : l’expérimentation engagée en 2018 pourrait bénéficier à 20 000 personnes, avec l’objectif de décupler ce nombre d’ici 2022.
• Développer l’EPIDE : la création d’un centre en Seine-Saint-Denis et l’agrandissement de deux centres existants permettra chaque année l’accueil de 300 jeunes supplémentaires.
• Développer les Écoles de la 2e chance (E2C) : la création de 2 000 places supplémentaires et une dizaine d’écoles permettra d’accueillir 6 000 jeunes de plus, d’ici 2022.


Axe 3 | Des appels à projets pour innover et transformer par l’expérimentation

100% inclusion, promouvoir le meilleur de l’innovation en matière d’inclusion
L’appel à projet 100% inclusion vise à identifier les projets innovants, capables de repérer les jeunes et les demandeurs d’emploi, de les remobiliser et les accompagner vers l’emploi. 200 millions d’euros seront consacrés à cet accompagnement.

Le financement d’actions pour favoriser l’intégration professionnelle des réfugiés
L’accès à l’emploi est un puissant levier d’intégration, d’inclusion et d’émancipation sociale pour les réfugiés, le Plan d’investissement finance un appel à projets doté de 15 millions d’euros pour expérimenter des solutions variées, adaptées à la diversité des profils, des territoires et des métiers.

Prépa apprentissage, assurer la réussite des parcours en apprentissage
La prépa-apprentissage permettra à des jeunes, aujourd’hui insuffisamment préparés, de réussir leur entrée en apprentissage. L’appel à projet, doté de 150 millions d’euros, est destiné principalement aux centres de formation des apprentis pour que d’ici deux ans, 75 000 jeunes puissent en bénéficier.

Et demain ? Transformer en profondeur le système de formation
• Septembre 2019 : déploiement d’une démarche de capitalisation des expériences et d’essaimage, appuyée par une plateforme collaborative,
• Fin 2019 : lancement d’un appel à projets pour accompagner la transformation des organismes de formation et des approches pédagogiques,
• Lancement fin 2019 d’un appel à projet d’innovations sur assurer un accompagnement en continu pendant la formation et à sa suite, afin de mieux favoriser l’insertion.


Pourquoi un Plan d’investissement dans les compétences : une nécessité d’agir

Une forte transformation des métiers qui touche tous les secteurs de l’activité, en lien avec la révolution numérique et la conversion écologique

  • 50 % des emplois seront transformés dans les 10 ans qui viennent ;
  • 10 à 20 % des emplois seront créés et 10 % à 20 % sont menacés de disparition ;
  • 40 % des actifs ayant un niveau inférieur au Bac occupent des métiers à fort risque d’automatisation contre 5 % des actifs diplômés de l’enseignement supérieur.

Les actifs peu qualifiés parmi les plus vulnérables

  • Le chômage des personnes en situation de handicap est deux fois plus fréquent ;
  • Le taux de qualification des jeunes en Quartier Prioritaire de la Ville (QPV) est moins élevé que dans l’ensemble du territoire.

L’accès à la formation n’est pas égal pour tous.

  • 1,3 million de jeunes de moins de 26 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation ;
  • Seul 1 chômeur sur 10 accède à la formation ;
  • 1,5 million de personnes de 16 à 65 ans en situation d’illettrisme.