Eboueur - Ripeur

Données macro

Professionnel de l’hygiène et de l’environnement l’éboueur, appelé aussi ripeur, effectue par camion l’enlèvement à domicile des ordures ménagères. Il les transporte ensuite dans un site d’enfouissement ou vers un incinérateur.
L’éboueur collecte les ordures ménagères disposées le long des trottoirs et les charge dans une benne de camion spécialisé conduit par un chauffeur. Avec son, ou ses coéquipiers, il se tient debout sur le marchepied à l’arrière du véhicule. A chaque arrêt du conducteur, l’éboueur transporte les poubelles, sacs, bacs roulants ou déchets en vrac. Après avoir actionné le lève-conteneur pour que les déchets se déversent dans la benne, il met en marche un système de broyage des ordures. Il peut aussi participer à la collecte d’objets et de matériels lourds et encombrants dont les particuliers souhaitent se débarrasser. En laissant l’endroit propre après son passage, il a le souci d’assurer un service de qualité à la population et d’aider ainsi à préserver l’environnement.
Pour devenir éboueur, il existe deux modes de recrutement principaux : soit directement par les municipalités (l’éboueur a alors le statut d’agent des collectivités territoriales), soit par des entreprises privées de nettoiement, liées aux communes par un contrat de sous-traitance.
L’éboueur fait partie, en général, d’une équipe minimum de 3 personnes avec le conducteur. Il doit respecter des règles de sécurité strictes, car il travaille au milieu de la circulation. Il est exposé aux intempéries. Les horaires sont souvent décalés, car il peut travailler soit très tôt le matin (à partir de 5 h), soit tard dans la nuit (jusqu’à 4 h du matin).

Pour un effectif de 35283 salariés, on dénombre 3779 accidents avec arrêts. Le nombre de maladies professionnelles pour 2004 est de 52.

Les risques du métier

Risques inhérents aux lieux de travail :

  • Le lieu de travail se déroule en extérieur : risque dus aux intempéries, risque canicule
  • Le lieu de travail se déroule sur la voie publique : risque routier du à un flux de circulation élevé, risque du aux gaz d’échappement des véhicules, risque bruit
  • Il peut y avoir un faible niveau d’éclairement des rues : risque de chute de plain pied dus à des sols irréguliers et parfois à des pentes de sol importantes
  • Sur l’aire de lavage des bennes, on retrouve deux risques : le risque du à l’humidité des locaux et le risque biologique. En effet, lors du nettoyage de la benne, il y a la présence d’aérosol microbien et particulaire et des risques d’infections ou d’affections des voies respiratoires peuvent survenir

Principaux risques inhérents à l’organisation du travail

  • Les horaires de travail (matinales) peuvent générer une perturbation de la vie familiale et sociale ainsi qu’une perturbation des rythmes chronobiologiques (troubles du sommeil et de la vigilance)
  • Les horaires de travail peuvent entrainer des difficultés matérielles : rareté des transports en commun pour aller au lieu de départ des camions surtout aux horaires très matinales.
  • Le camion se déplace souvent un circuit déterminé : risque de bouchons sur la route qui revient sans cesse.
  • Le rythme de travail et la quantité de travail peuvent évoluer en fonction de la quantité de déchets à transporter et de l’environnement rencontré : automobilistes, conditions météorologiques. Ceci influe sur les conditions physiques et mentales des personnes.

Principaux risques inhérents aux tâches

  • Le travail de ramassage des poubelles gêne très souvent le passage des véhicules : stress du au fort tonnage regroupé en un point et la volonté de faire vite pour gêner le moins possible la circulation des automobilistes
  • Entre deux points de ramassage éloignés, les personnes doivent monter et descendre de la cabine : risque de chute du à la hauteur de la cabine
  • Déplacer et vider les conteneurs parfois lourds, se déplacer entre deux points de collecte : il y a souvent des gestes répétitifs à cadence soutenue, avec mouvements répétitifs du rachis, des mains, poignets et avants-bras, des postures inconfortables de travail : risque de tms, de douleurs dorso-lombaires, variation de la fréquence cardiaque
  • Déplacer et vider des contenants parfois inadaptés : risque de rupture ou de fuite du contenant avec des risques de contact avec des déchets.
  • Lors du basculement des contenants, risque de projection d’éclat de corps étranger pouvant pénétrer dans la peau,
  • Tenter de décoincer un objet bloqué dans la trémie : en voulant remédier à la situation, risque de coupures et de complication sanitaires.

Principaux risques inhérents aux outils et équipements

  • Camion benne très ancien : risque bruit supérieur aux valeurs réglementaires

Principaux risques inhérents aux produits

  • Transport d’ordures ménagères : risques biologiques, risques du à des seringues (VIH, hépatite B), risque de projection de produits chimiques, risque de piqures d’insectes, risque de rencontres avec chats ou chien errants (morsure ou griffure)
  • Transport de verres : risque de coupures, risque de projection d’éclats de verre, bruit
  • Transport de déchets végétaux : aérosol microbien et particulaire, risque de coupure
  • Transport d’encombrants : risque lié port de charges lourdes (lombalgies)

Principaux risques inhérents aux tenues de travail

  • Risque de chaussures inadéquates
  • Vêtements de travail inadapté aux conditions de travail : vêtement non respirants ou restant mouillés après efforts. Risque de tomber malade

Les moyens de prévention

Rappel important : La prévention doit toujours obéir à la logique suivante :
1° suppression du risque (substitution d’un produit …)
2° évaluation du risque non supprimable (document unique d’évaluation)
3° protection collective (captage des polluants, protecteur sur machine…) _ 4° protection individuelle (quand la protection collective est impossible, insuffisante ou dans l’attente de son installation).
Dans tous les cas, l’information et la formation des travailleurs s’imposent.

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Textes applicables

  • Décret n°2002-540 du 18 avril 2002 relatif à la classification des déchets
  • Décret n°96-1008 du 18 novembre 1996 relatif aux plans d’élimination des déchets ménagers et assimilés */ Arrêté du 11 juillet 1977 fixant la liste des travaux nécessitant une surveillance médicale spéciale. Collecte et traitement des ordures Partie IV du code du travail, notamment :
  • pour l’ambiance thermique : articles R. 4223-13 à R. 4223-15
  • pour les machines neuves : article R. 4311-4 et son annexe I
  • pour les machines mises en services avant le 01 janvier 1993 : R. 4324-1 à R. 4324-23

Recommandations de l’Assurance Maladie - Risques Professionnels :

  • R202 : Collecte des déchets urbains
  • R206 : Traitement des ordures ménagères
  • R288 : Déchets industriels. Manutention, stockage, transport et traitement
  • R388 : collecte des déchets ménagers

Normes AFNOR

  • NF EN 1501-1 Octobre 2000. Bennes à ordures ménagères et leur lève-conteneurs associés. Exigences générales et exigences de sécurité : partie 1 : bennes à chargement arrière
  • X35-109 Avril 1989. Limites acceptables de port manuel de charges par une personne

Convention collective et accords de branche

  • Convention collective nationale des activités du déchet : Brochure n°3156 du JO

Pour en savoir plus

CISME

  • Fiche du métier de l’Eboueur : caractéristiques générales et médico-professionnelles classées en 6 tableaux, détaillant les nuisances professionnelles, les moyens de prévention, les effets sur la santé et la surveillance médicale.
  • Fiche du métier du Ripeur : caractéristiques générales et médico-professionnelles classées en 6 tableaux, détaillant les nuisances professionnelles, les moyens de prévention, les effets sur la santé et la surveillance médicale.