Calorifugeur

Données macro

Les calorifugeurs posent toutes sortes d’isolants thermiques, acoustiques ou de protection incendie. Ils interviennent principalement dans le secteur de la construction et dans le secteur industriel. Les calorifugeurs interviennent souvent à l’extérieur, sur des chantiers de constructions neuves ou en réhabilitation. L’activité s’accompagne de déplacements (changements fréquents de chantier).

Le calorifugeur confectionne, pose ou applique des matériaux isolants sur des appareils, des canalisations, des réservoirs, en façade d’ouvrage ou dans des bâtiments afin d’obtenir une isolation thermique, acoustique et une protection incendie.

En 2006, le secteur des travaux d’isolation comprenait 1685 établissements en France pour un effectif, essentiellement masculin, de 11715 salariés.

Les risques du métier

Statistiques accidents du travail

En 2007, la majorité des accidents du secteur des travaux d’isolation est constituée d’accidents de plain-pied (22%), de chute avec dénivellation (22%), d’accidents avec des objets en cours de manipulation (27%).

Statistiques maladies professionnelles :

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Risques inhérents aux lieux de travail :

L’activité de calorifugeage implique des conditions de travail particulières propres au lieu d’intervention :

  • Travail en toutes positions ;
  • Travail en espace restreint ;
  • Travail en hauteur : échelle, échafaudage, toiture ;
  • Déplacement sur sol glissant, à reculons ;
  • Charge physique plutôt lourde : bardage en façade ;
  • Vision de près, en pénombre ;
  • Exposition aux risques de l’entreprise utilisatrice.

Principaux risques inhérents aux tâches

Les tâches :

· Projection de mousse polyuréthane (grandes surfaces, toitures, terrasses, réservoirs) : Réalisée par au moins 2 opérateurs. Après avoir transporté et installé le matériel (fûts, machine, tuyaux), l’un règle et contrôle la machine (qui pompe et réchauffe les produits), tandis que l’autre, équipé de protections spéciales, projette au pistolet une mousse à base de polyesters et d’isocyanates. Un troisième équipier peut déplacer les tuyaux. Avec 50 à 150 mètres de tuyaux l’équipe peut traiter 400 à 500 m² par jour. En fin de projection, le matériel est dégraissé, nettoyé (solvants) et rincé (phtalates).

  • Injection de mousse (urée-formol ou polyuréthane) : La méthode est identique. Le produit passe directement du pistolet d’injection dans les espaces creux (entre la canalisation « froid » et son protecteur, vide-sanitaire, plancher, comble, cloison) par des trous d’injection prévus à cet effet.
  • Projection de laines : Les produits à projeter (laines minérales cadrées + liants + anti-poussières) sont conditionnés en sacs de 15 à 25 kg. Pour le flocage, l’applicateur utilise une machine. Le produit mis dans la machine est à nouveau cadré puis pulsé par un suspenseur dans un tuyau relié à un pistolet avec des jets d’eau (+/- additionnée de colle) pour humidifier le produit, le guider et le projeter sur les différents supports.
  • Soufflage de laine : Les laines minérales en vrac sont soufflées ou insufflées dans les murs doubles ou dans les combles perdus inaccessibles.
  • Isolation des canalisations : On isole les canalisations avec des coquilles ou bourrelets (laine de verre pour le chaud, polystyrène ou polyuréthanne pour le froid) coupés, collés et jointés. La canalisation peut préalablement être protégée par une solution (bitumeuse, zinc-époxy ou chromate de zinc) appliquée à la brosse, au pinceau, au rouleau ou au pistolet.
  • Pose de plaques ou de rouleaux : Les rouleaux de feutre et les panneaux (polystyrène, polyuréthane, fibres minérales artificielles – FMA-) sont découpées (couteau, ciseaux, scie, fil chauffant, tronçonneuse à disque…) puis fixés sur leur support (sous-face de toiture ou plancher, mur intérieur, plafond…) ou collés puis enduits (façades).
  • Isolation des cuves : Les cuves chaudes peuvent être isolées par des rouleaux de laine de roche cousus sur un grillage.
  • Mise en place de gaines métalliques : Les produits isolants sont souvent protégés par des gaines métalliques. Le tôlier calorifugeur façonne la tôle : il trace, découpe, roule, plie, perce et borde. Les tôles seront ensuite maintenues par du fil de fer noué, des clips ou des tendeurs.
  • Installation de bardage : Le bardage en façade comprend la pose et la dépose d’échafaudage, la manutention à la corde et la pose de tôles pesant 60 kg à forte prise au vent, et la pose de rouleaux de laine de verre.
  • Intervention sur des matériaux contenant de l’amiante (bardage, flocage, calorifuge…) : dans le cadre d’activités autres que le retrait/confinement ayant pour but le traitement de l’amiante en place ; ce retrait/confinement doit être confié à une entreprise spécialisée.

Risques inhérents aux taches :

  • Manutention
  • Vides sanitaires, sous-sols : Travail en atmosphère confinée
  • Vides sanitaires, sous-sols : éclairage insuffisant
  • Egoûts, contact avec les ordures ménagères et les résidus urbains : risque biologique
  • Bruit supérieur à 85 dBA
  • Poussières de décapage : oxyde de fer
  • Poussières de décapage : poussières non spécifiques, pigments arsenicaux ou mercuriels
  • Hydrocarbures aliphatiques - dérivés aminés
  • Mousses et leurs nettoyants, colles : Formaldéhyde, Isocyanates, Phtalates, Phosphate de tricresyl
  • Goudrons
  • Laines de verre, de roche, fibres céramiques
  • Résines époxydiques
  • Solvants : trichloréthylène, Diméthylformamide, Diméthylsulfoxyde, aromatiques, hexane, acétone
  • Perforation, sciage à sec, ponçage, piquage du béton : Poussières de silice libre
  • Interventions sur matériaux contenant de l’amiante (calorifuge, flocage, joints, vannes…) : Poussières d’amiante
  • Interventions sur matériaux contenant des fibres céramiques réfractaires (porte de brûleur, isolation, tresses…) : Poussières de fibres céramiques réfractaires

Principaux risques inhérents aux produits

Oxyde de fer

Affections pulmonaires chroniques : pneumoconioses par surcharge le plus souvent (sidérose). Parfois, fibrose réactionnelle, emphysème associé à des dépôts importants de poussières d’oxyde de fer. Manifestations : dyspnée, bronchorrhées et toux.

Complications cardiaques : insuffisance ventriculaire droite (IVD).

Amines aliphatiques

Irritation cutanée (nécrose possible), oculaire et voies aériennes supérieures. Sensibilisation possible : asthme et dermites eczématiformes.

Colles

Les colles et adhésifs résultent du mélange de plusieurs composés : résines naturelles ou synthétiques, durcisseurs, catalyseurs, charges et adjuvants en milieu aqueux ou en phase solvant organique. Les risques toxiques sont essentiellement dus à la présence de 70 % de solvants organiques très volatils qui s’évaporent en totalité dans les locaux où ils sont mis en oeuvre. Ainsi, un adhésif appliqué à raison de 300 g/m² sur une surface de 50 m² va libérer 10 Kg de solvants sous forme de vapeurs au cours de l’opération de collage et du séchage. En l’absence de ventilation, il induira un risque très élevé d’intoxication neurologique, cardiaque, pulmonaire et cutané selon la nature des solvants qu’il contient. Les solvants non chlorés exposent en outre au risque d’incendie et / ou d’explosion. Malgré l’action irritante ou de sensibilisation cutanée de quelques résines, on peut considérer que les dangers les plus graves des colles sont ceux de leurs solvants.

Laines minérales

En dehors de la pathologie pulmonaire, fibrose suspectée d’après les données expérimentales, les fibres minérales sont reconnues responsables de pathologie cutanée, d’irritation des muqueuses et des voies aériennes, d’asthme bronchique.
Effets dus aux fibres : (réaction mécanique) irritation de la peau et dermite, irritation des muqueuses (conjonctivite), irritation des voies aériennes (rhinite, bronchite).
Effets dus aux liants : réaction allergique, eczéma, asthme bronchique (résine à base de phénol).
Effets dus aux antistatiques : ammonium quaternaire.

Les pathologies avec les liants se rencontrent exclusivement dans les opérations de fabrication et lorsque les laines sont portées pour la première fois à une température supérieure à 200°C qui seule est capable d’entraîner une dégradation thermique de l’encollage polymérisé.

Amiante

CMR de catégorie 1 (Cancérogène)

Ces affections ont en commun :

  • Un temps de latence le plus souvent élevé entre le début de l’exposition et les premières manifestations cliniques (radios).
  • La persistance du risque toute la vie durant.
  • Une relation dose-effet fermement établie. ·* L’absence de traitements curatifs.

Phtalates

Famille de produit dont certains sont classés CMR de catégorie 2 (reprotoxique) : DEHP (CAS n°117-81-7), DBP (CAS n° 84-74-2),BBP (CAS n°85-68-7), DIPP (CAS n°84777-06-0, CAS n° 131-18-0, CAS n° 605-50-5) :

Mousses urée-formol (Formaldéhyde)

Classé CMR de catégorie 3 par l’UE (mais catégorie 1 par le
CIRC)

Les moyens de prévention

Rappel important : La prévention doit toujours obéir à la logique suivante :
1° suppression du risque (substitution d’un produit …)
2° évaluation du risque non supprimable (document unique d’évaluation)
3° protection collective (captage des polluants, protecteur sur machine…)
4° protection individuelle (quand la protection collective est impossible, insuffisante ou dans l’attente de son installation) .Dans tous les cas, l’information et la formation des travailleurs s’imposent.

Prévention technique collective

  • Mousses, solvants, fibres minérales artificielles : produits de remplacement moins toxiques, abandon des mousses urée-formol, réserver les FCR à l’isolation au-delà de 1200° C.
  • Fibres minérales artificielles – Fibres céramiques réfractaires (FMA-FCR) : privilégier les matériaux prêts à poser, prédécoupés et les produits collés sur support (vrac à proscrire) ; opérations de découpe à l’extérieur du chantier et à l’aide d’outils tranchants (ou à vitesse lente) avec aspiration intégrée ; déballage au dernier moment et au plus près ; nettoyage avec aspirateur à filtre absolu et collecte des déchets en conteneurs étanches (étiquetés si FCR) ; signalisation et balisage du chantier, calfeutrement, travail à l’humide lors des opérations de retrait/projection.
  • Amiante : évaluation des risques ; fiche d’exposition remplie et transmise au médecin du travail par l’employeur ; balisage de la zone d’intervention ; outillage à main ou électroportatif à vitesse lente et à aspiration intégrée ; humidification du matériau ; protection du sol, voire calfeutrement ou confinement localisé étanche ; décontamination ; déchets identifiés "a" et évacués vers une décharge habilitée.
  • Eviter la présence d’autres corps de métier sur le site lors de la mise en œuvre de produits isolants.
  • Gestion de la co-activité : concertation entre les entreprises intervenant sur un même chantier formalisée dans un plan de prévention ou le PGCSPS (plan général de coordination en matière de sécurité et de protection de la santé) et les PPSPS (plans particuliers de sécurité et de protection de la santé) élaborés avant la réalisation des travaux ; mission de coordination SPS confiée à un maître d’œuvre, à un chef d’entreprise ou à toute autre personne compétente ; analyse des risques d’interférences, calendrier prévisionnel d’exécution adapté et incluant les temps de préparation de chantier afin d’éviter les interventions simultanées, prévision des moyens communs (infrastructure, logistique, protections collectives, installations sanitaires, organisation des secours, etc.) ; zones de danger, voies de déplacement et zones de stockage des déchets matérialisés.
  • Echafaudages conformes avec ancrages-amarrages adaptés, platelages sur trémies, garde-corps, protections en bas de pente.
  • Niveaux sonores : lorsque le LEX,d de 85 dB(A) ou la Lpc de 137 dB© sont dépassés, l’employeur doit établir et mettre en œuvre un programme de mesures techniques et d’organisation du travail visant à réduire l’exposition au bruit des travailleurs.
  • Procédures rigoureuses d’intervention en atmosphère confinée : contrôles atmosphériques avant pénétration, avant ventilation ou/et en cours de travail ; ventilation efficace avec extraction d’air pollué et introduction d’air neuf ; salarié(e)s intervenant(e)s bénéficiant d’une surveillance extérieure permanente et disposant de moyens d’alarme et d’évacuation d’urgence.

Protection individuelle

EPI normalisé : imperméable néoprène, masque filtrant anti-gaz ou cagoule à adduction d’air, gants et bottes à semelle antidérapante pour la projection de mousses polyuréthannes. Vêtements ininflammables à manches longues ajustés aux poignets, aux chevilles et au cou, crèmes protectrices, gants, cagoule, lunettes, protecteurs individuels contre le bruit (PICB ), masque filtrant de classe P2 lors de la mise en œuvre de laines minérales. Harnais avec dispositif antichute. Port d’EPI appropriés en secteur 3 amiante ou si FCR : protection respiration P3, combinaison jetable.

Formation - Sensibilisation

  • Protection incendie-explosion.
  • Données de sécurité sur les produits employés (étiquetage, FDS, fiche toxicologique).
  • Risques pour la santé liés aux Fibres minérales artificielles et aux FCR.
  • Risque amiante, ses facteurs aggravants et prévention (notice d’information).
  • Bruit et protection auditive : obligatoire lorsque l’exposition des travailleurs atteint ou dépasse le LEX,d de 80 dB(A) ou la Lpc de 135 dB©. Cette formation – sensibilisation est réalisée avec le concours du service de santé au travail

Textes applicables

  • Exposition aux poussières de fer : Arrêté du 11-07-1977
  • Exposition aux CMR : R. 4412-59 à R. 4412-93
  • Exposition à l’amiante (hors retrait d’amiante) : R. 4412-139 à R. 4412-148
  • Exposition aux ACD ayant des VLEP contraignantes (notamment Acétone, Fibres céramiques réfractaires classées cancérogènes, n-hexane, poussières alvéolaires de silice) : R. 4412-149
  • Exposition aux poussières de silice cristalline : R. 4412-154 et R. 4412-155

Pour en savoir plus

INRS

http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/intranetobject-accesparreference/Page%20Plombier/$File/visu.html

Fibres céramiques réfractaires. Isolation thermique

Sources

http://www.forsapre.fr/ : Fiche FAST n° 09-06-91