Enjeux | Investir dans les compétences et accroître l’attractivité de l’industrie

Muriel Pénicaud, ministre du Travail est intervenue jeudi 22 novembre 2018 lors du Conseil national de l’industrie (CNI), qui s’est réuni sous la présidence du Premier ministre dans le cadre de l’exposition « l’Usine extraordinaire », au Grand Palais du 22 au 25 novembre 2018.

La ministre est revenue sur l’enjeu des compétences dans l’industrie

  • pas de performance économique sans performance sociale ;
  • pas de compétitivité de l’industrie sans construction d’une nouvelle société de compétences.

Quelles réponses pour répondre à l’enjeu des compétences ?

Un engagement des industriels d’accroître le nombre d’apprentis d’ici 2023
Le 28 mai dernier, l’industrie s’est engagée à augmenter le nombre d’apprentis de 40 % d’ici à 5 ans.
Ceci portera de 62 000 à 87 000 le nombre d’apprentis qui rejoignent chaque année l’industrie. La loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » permet de lever les freins au développement de l’apprentissage notamment en confiant aux branches professionnelles la responsabilité de déterminer le nombre de places à créer en CFA selon les besoins en compétences.

L’accompagnement des filières par les EDEC
Les accords d’EDEC (engagement de développement de l’emploi et des compétences) portés par le ministère du Travail sont fortement mobilisés pour accompagner les filières industrielles.
L’objectif est que l’ensemble des filières soit accompagné via la démarche EDEC d’ici à 2019.

Un engagement de développement de l’emploi et des compétences (EDEC) est un outil au service de la stratégie emploi et compétences des entreprises.


Un projet innovant d’EDEC interfilières visant à résoudre les difficultés de recrutement dans l’industrie et à favoriser les passerelles interprofessionnelles à l’échelle d’un territoire est expérimenté dans 4 régions. Cet EDEC concernera, notamment, trois métiers rencontrant des difficultés importantes de recrutements constatées dans la métallurgie et l’alimentaire : conducteur de ligne, conducteur de machine et technicien de maintenance.

La mobilisation du Programme d’investissement dans les compétences.
Le Plan d’investissement dans les compétences, qui représente un effort sans précédent pour la formation des jeunes et des demandeurs d’emploi peu qualifiés, permet d’apporter des réponses à court terme aux besoins en recrutement dans l’industrie et de préparer les besoins en compétences de demain.
Il finance, par exemple :

  • les préparations opérationnelles à l’emploi collectives (POEC) ;
  • l’accompagnement des filières dans la modernisation de leur gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) et l’analyse de la transformation des compétences à l’ère des transitions numérique et écologique. Plusieurs filières ont déposé un dossier en 2018 pour être accompagnées dans le cadre de l’appel à projets « Soutien aux démarches Prospectives Compétences », qui donnera lieu à la signature d’un EDEC pour les projets sélectionnés.

En parallèle, l’État élabore avec les régions des Pactes pluriannuels d’investissement dans les compétences pour le développement des compétences des demandeurs d’emploi.


Cet enjeu des compétences dans l’industrie s’inscrit dans la stratégie de reconquête industrielle engagée en novembre 2017. Une stratégie qui repose sur 4 piliers : l’amélioration de notre compétitivité-coût ; l’innovation ; la formation ; et une forte présence territoriale.
Le Conseil national de l’industrie (CNI) a un rôle pivot de mise en œuvre de cette stratégie.

La mission du CNI (crée en 2013) est d’éclairer et de conseiller les pouvoirs publics sur la situation de l’industrie et des services à l’industrie en France, aux niveaux national, territorial et international, en intégrant les enjeux à l’export. Il est présidé par le Premier ministre, et réunit les entreprises et les représentants des salariés autour de thèmes stratégiques comme la formation, l’innovation, le financement des entreprises, l’économie circulaire ou encore le développement international.

Il se décline jusqu’à présent en 18 Comités Stratégiques de Filières (CSF), autour des grands secteurs de l’industrie française, et comprend également à ce jour 2 outils transversaux : CNI numérique et CNI international et 4 sections thématiques (ST) : économie circulaire, emploi et compétences, Europe, réglementation & simplification.

En savoir + sur l’exposition l’Usine extraordinaire
Dossier de presse Conseil national de l’industrie