Troubles musculo-squelettiques : de quoi parle-t-on ?

Nos muscles, articulations, tendons, ligaments, nerfs… composent notre système locomoteur.
Il nous permet d’accomplir une multitude de mouvements et gestes : marcher, manipuler un outil, porter des charges… Les tâches caractérisées par un travail répétitif, le port manuel de charges, les postures pénibles, de longue durée, sollicitent le corps physiquement ou mentalement et peuvent aboutir à des problèmes appelés Troubles Musculo-squelettiques (TMS).
Ces troubles se manifestent progressivement et peuvent entrainer la perte de fonction d’un système musculo-squelettique. Les troubles musculo-squelettiques se manifestent par des douleurs et des gênes dans les mouvements qui, sans mesure de prévention, peuvent entraîner à terme une incapacité au travail et dans la vie quotidienne.


A SAVOIR
Les TMS sont des risques à effets différés. Douleurs, maladresses, raideur ou encore perte de force musculaire lors d’un mouvement sont les premiers signes de troubles musculo-squelettiques. A quoi correspondent ces troubles ?


Quelles sont les pathologies ?

La définition des troubles musculo-squelettiques
L’expression « troubles musculo-squelettiques » TMS regroupe ou un ensemble de maladies localisées au niveau ou autour des articulations : poignets, coudes épaules, rachis ou encore genoux.

Ces pathologies concernent les muscles, tendons et gaines tendineuses, les nerfs, les bourses séreuses, les vaisseaux sanguins, les articulations, les ligaments, à la périphérie des articulations des membres supérieurs, de la colonne vertébrale et des membres inférieurs.


Ces troubles musculo-squelettiques peuvent être reconnus comme maladie professionnelle. Le code de la sécurité sociale en dresse la liste.

Quelles sont les pathologies les plus fréquentes ?
Toutes les parties corporelles décrites précédemment peuvent subir une affection de type musculo-squelettique. Les muscles, les tendons, les nerfs et les articulations sont les structures les plus souvent touchées. Les symptômes ou les plaintes telles que douleurs, lourdeurs, raideurs… apparaissent très progressivement et peuvent être subdivisés en trois niveaux :

• niveau 1 : les plaintes apparaissent durant une activité et disparaissent au repos ;
• niveau 2 : les plaintes apparaissent rapidement lors des activités et mettent plus longtemps à disparaître au repos ;
• niveau 3 : les plaintes telles que douleurs, lourdeur, raideurs… sont chroniques et persistent durant les autres activités et au repos.

Les maladies les plus répandues touchent surtout les membres supérieurs. On peut citer :

  • au niveau de l’épaule : le syndrome de la coiffe des rotateurs, tendinite du sus épineux,
  • au niveau du coude : l’épicondylite, l’épitrochléite,
  • au niveau du poignet des syndromes canalaires : carpien, Guyon,
  • au niveau de la main : tendinites…,
  • affections neurovasculaires : syndromes de Raynaud, du marteau hypothénar,
  • affections musculaires et discales : les lombalgies, au bas du dos, syndrome tensionnel de la nuque.

Les membres inférieurs peuvent être également atteints, notamment chez les salariés travaillant à genoux ou accroupis qui peuvent être victimes de bursite du genou (épanchement de liquide synovial des bourses séreuses autour des articulations).
Chez les salariés répétant les flexions et les extensions de la cheville, c’est le tendon d’Achille (muscle situé au-dessus du talon) qui peut être touché.

Quels sont les facteurs de risques ?

Le contexte
Les troubles musculo-squelettiques sont directement liés aux conditions de travail, même s’il convient également de tenir compte des caractéristiques individuelles des salariés comme l’âge, l’état de santé ou l’histoire individuelle.

Les symptômes physiques surviennent quand le salarié dépasse ses capacités fonctionnelles et ne bénéficie pas d’une récupération suffisante. Les tissus mous au niveau des articulations sont alors hyper sollicités.

Les différents facteurs de risques
Les troubles musculo-squelettiques résultent principalement d’une combinaison de plusieurs facteurs de risques. Trois familles de facteurs se distinguent.

Les facteurs biomécaniques
Quatre principaux paramètres favorisent l’apparition de TMS :

  • la posture, en dehors de la zone de confort, peut entrainer un étirement ou une compression des structures (norme NF EN 1005-4),
  • la force, l’intensité de la force, le type de contraction musculaire, la position articulaire et la distance de prise, la préhension, les caractéristiques de l’objet soulevé,
  • la répétition,
  • la durée de l’activité.
    La combinaison de ces quatre paramètres a plus de chance de conduire à un trouble musculo-squellettique.

Les facteurs environnementaux
Les contraintes de type biomécanique décrites dans le paragraphe précédent peuvent être aggravées par la présence de facteurs environnementaux comme les pressions mécaniques produites par le contact du corps avec des objets extérieurs, les chocs, les vibrations, la qualité de l’éclairage ou le froid.

Les facteurs organisationnels
De mauvaises conditions de travail avec des problèmes d’organisation et d’environnement de travail jouent un rôle sur l’émergence des troubles musculo-squelettiques chez le salarié. Les éléments liés à la possibilité de contrôle, à la clarté de la tâche, aux relations interpersonnelles, aux contraintes de temps ou encore aux cadences imposées font partie des facteurs identifiés.

Les facteurs psychosociaux
La façon dont le travail est perçu par les salariés et reconnu par la hiérarchie n’est pas sans conséquence. L’insatisfaction au regard d’un travail monotone, la tension engendrée par la pression du temps, le manque de reconnaissance, le vécu de relations sociales dégradées ou l’insécurité de l’emploi peuvent contribuer à l’apparition de troubles musculo-squelettiques (voir la fiche Les Risques Psycho-sociaux)

Des situations distinctes selon les entreprises
Dans chaque structure, la combinaison des facteurs de risques pour les troubles musculo-squelettiques peut être différente. Chaque employeur doit étudier les situations de travail et avoir une perception particulière de son entreprise.

Les TMS affectent non seulement la santé et le fonctionnement normal de la personne, que ce soit à la maison ou au travail.
Mais l’entreprise en subit également les conséquences :
• une diminution des prestations des travailleurs motivés et consciencieux touchés par les lésions chroniques ;
• les collaborateurs qui quittent le travail parfois pour de très longues périodes représentent pour l’entreprise une perte sur le plan des connaissances et de l’expérience ;
• augmentation de l’absentéisme ;
• augmentation des incidents et des accidents par manque d’attention et de capacités de réaction due à la fatigue, la douleur ou l’inconfort ;
• mauvaise ambiance de travail et perte de motivation ;
• augmentation de la rotation du personnel pour remplacer les personnes touchées. Ce qui amène à des frais de formation et à un temps d’adaptation ;
• objectifs de productivité non atteints : la perte de qualité et réduction de la quantité produite ;
• pertes, déchets et augmentation des réparations dus à la plus faible qualité du contrôle des opérations ;
• atteinte à l’image de marque de l’entreprise