Démarches- Outils

La démarche de prévention

La méthodologie d’une démarche de prévention des risques psychosociaux se construit à partir d’étapes qui ont chacune leur importance et doivent être adaptées aux caractéristiques et à la taille de chaque entreprise.

Si la démarche est engagée « à chaud » sur une situation de risque avérée, elle devra prendre en compte le nécessité d’apporter une réponse adaptée au contexte particulier avant de revenir à la démarche globale exposée ici.

On peut distinguer les 5 étapes suivantes :

1. Engagement de la direction sur des objectifs et des moyens, association des partenaires sociaux, du service de santé au travail, information des salariés

L’enjeu de la démarche est tel que, si elle est conduite de façon rigoureuse et en accordant une place prépondérante au dialogue social, les implications qui s’en suivent ont, dans des proportions variables, un impact sur l’organisation du travail et les moyens qui peuvent le cas échéant y être consacrés. Dès lors, on touche aux prérogatives de la direction.
Il est important que par son engagement initial, celle-ci exprime auprès des salariés et des partenaires sociaux la portée qu’elle entend lui donner.

Les partenaires sociaux sont représentés par les organisations syndicales et doivent être invités, lorsqu’ils sont présents au sein de l’entreprise, à définir les modalités de leur participation à l’évaluation des risques psychosociaux. Elle peut prendre la forme d’un accord collectif de groupe, d’entreprise ou d’établissement, ou d’un plan d’action concerté.

Dans tous les cas les instances représentatives du personnel devront être consultées aux différentes étapes de la démarche dans le cadre de leurs prérogatives respectives.
En leur absence, il appartient à l’employeur d’organiser la participation des salariés sans lesquels aucune action de prévention ne peut trouver de portée effective.

Les services de santé au travail, et le médecin du travail en particulier, seront un acteur incontournable de la démarche.

2. Recueil d’indicateurs : étape de pré diagnostic

Les « indicateurs » sont, selon la définition retenue par la norme ISO 8402, « des informations choisies, associées à un phénomène, destinées à en observer périodiquement les évolutions au regard d’objectifs périodiquement définis. »

En matière de risques psychosociaux, les indicateurs sont de plusieurs nature et sont liés :
- soit au fonctionnement de l’entreprise (temps de travail, horaires atypiques, congés non pris, mouvement du personnel, absentéisme, formation, évolution des rémunérations…)
- soit aux relations sociales (tensions, conflits identifiées, fonctionnement des institutions représentatives du personnel…)
- soit à la santé et la sécurité des travailleurs (accidents de travail, maladies professionnelles, signes de malaise, activité du service de santé au travail et notamment visites médicales à la demande…)

Leur recueil, et leur analyse (par unité de travail ou par métier) se font avec l’appui des services de santé au travail et le point de vue des partenaires sociaux. Leur suivi dans le temps permet d’avoir une vision évolutive et d’en faire des outils d’alerte.

3. Evaluation des sources ou facteurs de risques psychosociaux : étape de diagnostic

L’enjeu de cette étape est d’identifier les éléments qui sont source de stress pour les salariés dans les situations de travail et généralement appelés « facteurs » de stress.
Cette étape est indispensable parce qu’elle permet de comprendre sur quels facteurs il est important d’agir pour réduire, voire supprimer les sources de stress des salariés sans empiéter sur leur vie privée.

Ils peuvent être regroupés en 4 grandes familles de facteurs de risques :

- Les exigences du travail et son organisation : degré d’exigence au travail en matière de quantité, pression temporelle, qualité, complexité, vigilance et concentration requises ; injonctions contradictoires ; autonomie dans le travail : prévisibilité, marge de manœuvre procédurale ; exigences émotionnelles : relations avec le public, contact avec la souffrance, peur au travail
- Le management et les relations de travail : nature et qualité des relations avec les collègues, les supérieurs : soutien social, reconnaissance, rémunération, justice organisationnelle ;
- La prise en compte des valeurs et attentes des salariés : utilisation et développement des compétences, conciliation entre vie professionnelle et vie hors travail, conflits d’éthique ;
- Les changements du travail : conception des changements de tous ordres, nouvelles technologies, insécurité de l’emploi, restructurations …

Le diagnostic peut être construit à partir de données quantitatives (questionnaires si les volumes d’effectifs le rendent pertinent) auxquelles on prendra soin d’associer des données qualitatives (questions ouvertes, entretiens, observations de terrain…)
Les données qualitatives sont un complément indispensable, qui enrichit et contribue à la pertinence des résultats chiffrés.

4. Elaboration d’un plan d’action comportant des mesures concrètes :

La restitution du résultat de l’étape de diagnostic permet d’identifier les pistes d’amélioration qui vont construire le plan d’actions de prévention.
On distingue trois natures d’actions de prévention selon qu’elles ont vocation à agir sur l’organisation du travail, apporter un appui aux personnes, ou prendre en charge les personnes en souffrance :

a. Actions visant à supprimer ou réduire le risque à la source et par conséquent impactant l’organisation du travail : organisation de l’environnement physique, procédures, charge, temps collectifs, relation avec le public, amplitude de travail ; analyse en amont des changements, restructuration et mesure de leur impact sur les organisations et les personnes, circuit d’information précoce… ou prévention primaire.

b. Actions visant à réduire ou limiter le risque en donnant des outils aux personnes pour faire face à un risque : formation des salariés sur les situations de travail susceptible de les confronter à des formes de violence ; formation des managers sur la compréhension et l’appropriation de leur rôle au regard des situations de travail, mais aussi mise en place de procédures d’alerte… ou prévention secondaire.

c. Actions de réparation des effets des risques qui n’ont pas pu être évités : analyse, réparation des dysfonctionnements, des conflits ; organisation de la prise en charge des personnes en souffrance ; suivi, accompagnement lors de la reprise… ou prévention tertiaire.

Les actions visant à modifier l’organisation du travail sont primordiales : elles sont de nature à agir sur les déterminants du travail et contribuent à sa qualité.

Le plan d’action ne saurait donc se limiter à de la prévention secondaire (formation, cellule d’écoute) ou tertiaire (réparation). Il doit investir les 4 familles de facteurs de risques et proposer des réponses construites avec les partenaires sociaux, le service de santé au travail sur les trois champs de la prévention dont le premier doit concentrer l’essentiel des décisions.
C’est en cela que l’on peut parler d’une démarche de prévention globale, partiaire et pluridisciplinaire.

5. Organisation du suivi du plan avec transcription et mise à jour du document unique d’évaluation des risques (DUER).

Le DUER rend compte des étapes précédentes : identification (indicateurs) évaluation (facteurs de risques) et actions retenues (plan d’action), dans une présentation qui est proposée par l’entreprise.
Elle doit faciliter le suivi et la mise à jour au minimum annuelle du DUER et être compréhensible pour les salariés qui ont accès au document ainsi que les représentants du personnel qui seront régulièrement consultés sur son contenu et son évolution.

Les outils présentés ci-dessous peuvent aider à construire la démarche d’évaluation des risques psychosociaux. Cette première liste a vocation à s’enrichir progressivement.


Outil DGT
L’outil conçu par la DGT propose une méthodologie d’intervention et permet de guider l’internaute dans sa démarche de prévention des risques psychosociaux. Il permet de choisir une option parmi trois possibilités :

1. si l’on veut d’abord se faire une idée précise et objective de la situation, la première chose à faire sera de "prendre la température", faire un premier diagnostic, repérer les facteurs de tension présents dans les différents secteurs de l’entreprise.

2. peut-être sera-t-on dans le cas d’une intervention dite « à tiède » ou « à chaud » (situation ou problème repéré à partir de signaux d’alerte, crise individuelle ou collective),

3. ou plutôt dans le cas d’une intervention dite « à froid » (dans une véritable attitude préventive).

Une fois le choix opéré entre ces trois options, on rentre soit dans le cercle « comment prendre la température » soit dans le tableau en choisissant la colonne ( à froid ou à tiède/chaud) et la ligne ( quel niveau de tension appréhender). On décline alors les étapes suivantes :

  • Que faire ?
  • Avec qui agir ?
  • Avec quels outils ?

Guide Burnout
pdf Le syndrome d’épuisement professionnel ou burnout Téléchargement (466.4 ko)

Risques psychosociaux (RPS), burnout, épuisement professionnel… Ces termes recouvrent aujourd’hui une diversité de situations qui, toutes, sont à analyser au regard du travail et de ses conditions d’exercice. Comme pour l’ensemble des RPS, le syndrome d’épuisement professionnel provient d’une situation de travail dégradée, mettant en jeu l’individu et l’organisation au sein de laquelle il travaille. Il est donc important de bien circonscrire ce que recouvre le syndrome d’épuisement professionnel, plus communément appelé burnout, afin de permettre à toute structure, publique comme privée, d’agir en amont pour éviter son apparition.

Dans cet objectif, et, dans la continuité des travaux sur la prévention des RPS, la Direction générale du travail (DGT), l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), avec l’appui d’enseignants-chercheurs et d’experts de terrain (médecin du travail, docteur en psychologie du travail), publient un guide pour aider l’ensemble des acteurs de la prévention (employeur, encadrement, représentants du personnel, service de santé au travail, médecin traitant, médecin spécialiste, etc.) à agir en prévention sur le syndrome d’épuisement professionnel.

Le guide met notamment en évidence les facteurs liés au travail sur lesquels l’entreprise peut agir en répondant à trois questions :

- Que recouvre le burnout ?

- Quels sont les actions collectives et individuelles et qui peuvent être mis en œuvre pour prévenir ce syndrome ?

- Quelles recommandations peuvent être données pour réagir, collectivement et individuellement, face à un ou plusieurs cas de burnout ?


pdf Guide « Comment choisir un consultant » Téléchargement (1.3 Mo)

Ce document a été élaboré avec les préventeurs institutionnels : Branche AT-MP (CNAMTS, INRS), ANACT, ainsi que l’avis des partenaires sociaux dans le cadre du COCT et de cabinets de consultants. Son objet est d’aider l’entreprise, quelle que soit sa taille, à clarifier son besoin et ses attentes avant de sélectionner un consultant et à mettre en place avec son appui une démarche de prévention des RPS répondant aux exigences légales.


DIRECCTE Alsace : Prévenir les risques psychosociaux dans les entreprises : guide des ressources disponibles en Alsace Ce guide a été construit dans le cadre du Plan Régional de Santé au Travail en Alsace, coordonné par le comité régional de la prévention des risques professionnels CRPRP.

L’objectif est d’améliorer l’information l’ensemble des partenaires sur les ressources disponibles en Alsace pour aborder dans les entreprises la prévention des risques psychosociaux.

Mise à jour : 30 avril 2012


Souffrances des salariés au travail, que faire ?
[DIRECCTE Alsace : Souffrance des salariés au travail, que faire ? : guide des ressources disponibles en Alsace

Ce document a été construit dans le cadre du Plan Régional de Santé au Travail en Alsace, coordonné par le comité régional de la prévention des risques professionnels CRPRP*. Le CRPRP participe à la définition du volet régional de la politique de protection de la santé et de la sécurité au travail et d’amélioration des conditions de travail qui se décline en trois volets :
- Il participe à l’élaboration et à l’actualisation de diagnostics territoriaux portant
sur les conditions de travail et la prévention des risques professionnels.
- Il est consulté sur le plan régional de la santé au travail, qui fixe à l’échelle régionale
des objectifs, des actions et des moyens en matière d’amélioration de la santé et
de la sécurité au travail.
- Il rend un avis sur les orientations régionales des politiques publiques intéressant
la santé et la sécurité au travail, qui lui sont soumises par les autorités publiques.


pdf Accompagner un événement traumatique en milieu de travail Téléchargement (1.6 Mo)

Au sein d’une entreprise et de toute organisation de travail, des évènements traumatiques peuvent survenir.

Ces évènements portent atteinte à la vie humaine ou constituent une menace à sa préservation, mettant les personnes en présence de scènes choquantes de mort ou de blessures et pouvant provoquer des réactions post-traumatiques.

Dans ces moments tragiques, la capacité à agir sera d’autant plus importante que des protocoles préalables auront été pensés et construits pour y répondre au mieux. Ce guide vous permet de vous organiser avec vos ressources de proximité, dans l’objectif de préserver la vie et la santé en milieu de travail.

Elaboré par le groupe « Agir ensemble pour la santé mentale au travail » de Charente-Maritime, ce guide d’information est le fruit d’un travail de coordination régionale. Les interlocuteurs identifiés le sont uniquement pour la région considérée.


E-learning
ARACT Picardie (CESTP-ARACT Picardie) : module de prévention e-learning intitulé "Sensibilisation des acteurs de l’entreprise à la prévention des risques psycho-sociaux".Durant 60 minutes, ce module en libre consultation, sensibilise les chefs d’entreprises, les DRH, les managers, les salariés et leurs représentants (CHSCT, DP, …) à ce que sont les risques psycho-sociaux (RPS) et l’importance de les prévenir. C’est à travers le témoignage de quatre personnes cadres et opérateurs, salariés de l’entreprise de service et d’entreprise industrielle que l’on découvre les principales causes de facteurs du stress au travail et la démarche de prévention engagée jusqu’au plan d’action.

ELVIE
ELVIE : outil de diagnostic et de prévention des risques psychosociaux au travail. Guide d’utilisation’’, ARACT MARTINIQUE, 2008, 66 pages.

ELVIE, outil d’aide au diagnostic et à la prévention des risques psychosociaux. ELVIE est un guide d’entretien permettant le recueil d’informations nécessaires à la compréhension des situations de travail à risques. L’analyse de ces données permet de clarifier en quoi et de quelle façon le travail et son organisation peuvent être en rapport avec la souffrance ou les troubles psychosociaux exprimés par un ou des salariés. ELVIE constitue alors un support pour la formulation d’un diagnostic des situations à risques.


L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) publie deux nouvelles brochures pour aider les entreprises à intégrer les risques psychosociaux (RPS) dans leur document unique (DU). La première, intitulée « Risques psychosociaux et document unique : vos questions, nos réponses », propose de répondre aux interrogations les plus courantes sur le sujet. La seconde, « Évaluer les facteurs de risques psychosociaux : l’outil RPS-DU », est un guide méthodologique qui permet à l’entreprise de repérer les RPS et de les évaluer.

Prévention des risques psychosociaux. Et si vous faisiez appel à un consultant ?

L’INRS, en collaboration avec les CARSAT, vient de publier un guide pour aider les employeurs à choisir un consultant en matière de prévention des risques psychosociaux.

En tant que chef d’entreprise, vous souhaitez faire appel à un consultant pour évaluer les risques psychosociaux et mettre en œuvre un plan d’action visant à les prévenir.
Ce guide a pour but de répondre à vos interrogations pour vous aider à clarifier vos besoins, à choisir un consultant et à collaborer avec lui.


ED6011
Stress au travail. Les étapes d’une démarche de prévention (ED 6011)

En tant que préventeur en entreprise (fonctionnels de sécurité, membres de CHSCT, médecin ou infirmière du travail…), vous avez identifié ou vous avez été informé de l’existence de problèmes liés au stress…

Vous souhaitez évaluer le risque et si besoin initier des actions de prévention ?

Cette plaquette a pour objectif de vous présenter les points clés d’une démarche de prévention.


ED6012
Dépister les risques psychosociaux. Des indicateurs pour vous guider (ED6012)

L’objectif de ce document est de faciliter la mise en évidence des risques psychosociaux à partir des données existantes et disponibles dans l’entreprise. Pour aider à ce travail de dépistage, un certain nombre d’indicateurs liés au fonctionnement de l’entreprise ou relatif à la santé et la sécurité des salariés sont proposés.

A partir de ce guide, un travail pourra être mené et un dialogue pourra s’instaurer sur le choix et l’élaboration des indicateurs de dépistage des risques psychosociaux les plus adaptés. Ce travail de dépistage facilitera la mise en œuvre d’une démarche d’évaluation et de prévention de ces risques.


repères pour évaluer et prévenir
Repères pour évaluer et prévenir les risques psychosociaux dans le secteur médico-social

L’objet de ce document est de présenter des notions, des concepts et des éléments méthodologiques de prévention des risques psychosociaux (RPS), sous la forme de « repères » et non sous celle d’un « guide mode d’emploi ».

Il s’appuie sur l’expérience d’une action collective portée par l’URIOPSS LR (Union Régionale Interfédérale des Organismes Privés Sanitaires et Sociaux en Languedoc-Roussillon), l’ARACT LR (Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail en Languedoc-Roussillon) et soutenue par le FACT (Fonds pour l’Amélioration des Conditions de Travail) et la DIRECCTE LR (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi en Languedoc-Roussillon) en 2008-2009.

Cette action, impliquant des établissements du secteur médico-social a permis de sensibiliser les acteurs de ces établissements à un diagnostic des situations de travail et à une démarche d’évaluation des risques psychosociaux. Le guide qui en découle propose un ensemble de connaissances et de concepts sur les RPS et leur prévention, illustré par des exemples et des témoignages. Il doit permettre aux acteurs du secteur d’acquérir des repères utiles pour agir sur les RPS dans le cadre d’une démarche concertée.


afcor
Identifier et prévenir les risques psycho sociaux :exemple d’une démarche menée dans les secteurs hospitalier et médico-social

Si l’existence de ces nouveaux risques est à peu près attestée dans les discours, les exemples concrets de démarches opérationnelles de prévention sont encore assez rares, tant il est difficile d’appréhender ce sujet dans toute sa complexité.

La présente contribution présente en premier l’état de la littérature et les modèles théoriques reconnus valides par l’ensemble des experts. En second, des résultats de diagnostics précis qui montrent comment passer de la théorie à l’analyse du travail réel.

Des exemples de démarches de prévention opérationnelles menées dans une trentaine d’établissements sur la période 2009/2011 sont également présentés.


Kit ANCAT
Kit méthodologique : "Comment prendre en compte

Comment repérer les facteurs de risques psychosociaux ? Comment les évaluer et les intégrer au Document Unique ? Quel suivi des actions mettre en place pour faire vivre ce document et faire le lien avec le programme de prévention des risques professionnels ? Fort de son expérience d’accompagnement, l’ANACT met à disposition sur son site un kit méthodologique composé de fiches pratiques et de fiches ressources pour aider à la réalisation de chaque étape de la démarche d’évaluation des RPS. Ce kit s’adresse à l’employeur, responsable de l’évaluation des risques professionnels et en charge du programme annuel de prévention, mais il est également destiné aux autres acteurs de la prévention des risques en entreprises : services chargés de la sécurité et de l’environnement, spécialistes de la prévention des risques, membres de CHSCT ou tout autre élu du personnel, services de santé au travail, etc.


comment détecter les risque psychosociaux ?

Les risques psychosociaux ( stress, harcèlement ,agression…) doivent être traités comme les autres risques : évaluation, repérage des situations dites critiques, intégration au document unique, mise en oeuvre des mesures de prévention.

Mais comment les repérer dans le milieu professionnel ?
Comment détecter les premiers signaux ?
Quels outils pour rendre compte de l’existence de ces risques ?


stress chez les professionnels libéraux
Prévenir les effets néfastes du stress chez les professionnels libéraux

Chez ces catégories professionnelles, habituées à un rythme de travail intense et stressant, il est particulièrement important de prendre conscience très tôt de l’intensité de ce stress lorsqu’il peut encore être soulagé par des mesures de santé préventives et adaptatives, au premier rang desquelles une réorganisation de la vie professionnelle.

Les caisses RSI des professions libérales ont décidé de mener deux actions de sensibilisation en nouant des partenariats à cette occasion :
- La première est une enquête menée auprès de deux groupes professionnels –les avocats libéraux et les pharmaciens d’officine- pour évaluer le niveau de leur souffrance psychologique. Les résultats ont été analysés par le professeur Frédéric Limosin, chef du service universitaire de Psychiatrie à l’hôpital Corentin-Celton.
- La seconde est un outil de sensibilisation proposé aux pharmaciens d’officine, aux avocats et aux médecins de ville, illustrant une journée particulièrement stressante et réalisé en partenariat avec la CRAMIF et les services de santé au travail de l’ACMS et de l’ASP.

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Au sein du Régime Social des Indépendants, les deux caisses RSI des professions libérales gèrent l’assurance maladie maternité obligatoire de leurs ressortissants soit plus de 655 000 personnes protégées et 400 catégories de professionnels affiliées à ce régime. Prévenir les risques professionnels par la mise en place d’études et de programmes de gestion des risques psychosociaux constitue un axe fort de leur politique de santé actuelle et pour les années à venir.

Pour aller plus loin :

- Présentation des résultats de l’étude sur le stress chez les professionnels libéraux par monsieur Frédéric Limosin, professeur de Psychiatrie.
- Identifier les facteurs de stress en officine.
- Vous êtes pharmacien d’officine, avocat ou médecin de ville : votre stress, on en parle…

Présentation des résultats de l’étude sur le stress chez les professionnels libéraux par le professeur Frédéric Limosin

Peu de travaux ont été réalisés en France sur le stress des professionnels indépendants.

A partir d’une enquête santé menée par le Barreau de Paris en 2003 qui avait mis en évidence une prévalence du stress importante chez les avocats parisiens, la caisse RSI des professions libérales-Provinces a réalisé en 2008 une enquête similaire auprès de 3 600 avocats libéraux et 3 600 pharmaciens titulaires sélectionnés de manière aléatoire.

L’objectif était :
- d’évaluer le niveau de souffrance psychologique chez ces deux groupes professionnels,
- de déterminer les facteurs de risque associés à cette souffrance,
- de concevoir des programmes spécifiques de prévention.

A partir d’un questionnaire strictement anonyme, les personnes sélectionnées dans l’échantillon étaient invitées à renseigner leur état de santé, leur hygiène de vie et leur état de santé psychologique par le biais de l’auto-questionnaire GHQ 28. Elles avaient également la possibilité de faire des commentaires libres.

Le General Health Questionnaire est un questionnaire de santé psychologique générale permettant de repérer une difficulté de fonctionnement qui pourrait évoquer une pathologie éventuelle ; en aucun cas, il ne permet à lui seul de poser un diagnostic. Plus le score est élevé, plus le niveau de souffrance psychologique est important.

Les taux de participation, de 41,9 % pour les avocats et de 38,5 % pour les pharmaciens, étaient caractérisés par une prédominance de femmes parmi les répondants.

Pour ces deux populations, les résultats ont mis en évidence :
- Une prévalence de l’abus d’alcool (déterminé à partir d’une consommation quotidienne de plus de 2 verres chez la femme et de 3 chez l’homme) de 13,4 % dans l’échantillon de pharmaciens et 15,9 % chez les avocats ;
- 13,5 % de fumeurs chez les pharmaciens contre près du double (26,3 %) chez les avocats ;
- Une consommation régulière de médicaments psychotropes (benzodiazépines et anxiolytiques) chez 13,2 % des pharmaciens et 10,8 % des avocats.

La souffrance psychologique :
A partir du score total obtenu au GHQ 28, il apparaît que 51,3 % des avocats et 47,5 % des pharmaciens répondants présentaient un niveau significatif de souffrance psychologique ( en retenant comme score seuil un score moyen de 5).
Néanmoins, il faut souligner que le questionnaire ne comportait aucune question susceptible de relier le niveau de stress renseigné par les participants à l’activité professionnelle exercée.

Quels risques pour la santé ?

Le stress professionnel, s’il n’est pas détecté suffisamment tôt, peut évoluer de manière péjorative vers l’épuisement professionnel et/ou une dépression caractérisée. Le recours à une prise en charge spécialisée, par un psychiatre et/ou un psychologue, n’est cependant pas nécessaire à toutes les étapes de cette évolution. Une consultation auprès d’un médecin généraliste, des adaptations professionnelles peuvent suffire à réduire ce stress.

Si le stress perdure, voire s’amplifie, le retentissement risque d’être plus global, à la fois individuel et social, avec des répercussions physiques et psychiques. Des études ont mis en évidence que ce stade, qualifié d’ »épuisement professionnel » pourrait concerner 5 à 10 % des salariés. C’est à ce stade que peuvent survenir d’authentiques symptômes de la lignée dépressive, avec un sentiment de dévalorisation, un émoussement des affects, une majoration des troubles de l’appétit et du sommeil. Au stade de dépression caractérisée, se surajoute un ralentissement psychomoteur, une perte de motivation ainsi que des symptômes cognitifs plus marqués, avec des troubles de l’attention, de la concentration et de la mémoire.

Comment repérer un stress durable ?

Les symptômes évocateurs de stress sont à la fois somatiques (fatigue, céphalées, tensions musculaires, dorsalgies…), psychologiques (incapacité à se détendre, à prendre du plaisir, anxiété, irritabilité, troubles du sommeil et de l’appétit, diminution de la libido…) et cognitifs (troubles de la concentration et de la mémoire…). Ils peuvent également s’accompagner d’une consommation accrue d’alcool et/ou de tabac.

Que faire en cas de stress ?

Etre vigilant ! Repérer ses symptômes, être attentif à une consommation accrue d’alcool et de tabac, tenir compte des perturbations plus globales (sociales, professionnelles, conjugales et familiales).
A ce stade, le plus important est d’en parler à sa famille, à son médecin traitant, ne pas s’isoler, ne pas se culpabiliser et en quelque sorte accepter ses limites.

Les résultats de cette étude ont fait l’objet d’une diffusion par le biais de deux DVD :
- Le DVD reprenant les résultats pour les avocats a été diffusé aux barreaux.
- Le DVD reprenant les résultats pour les pharmaciens a été diffusé à l’ordre des pharmaciens et aux organisations professionnelles.


Identifier les facteurs de stress en officine

Les pharmaciens titulaires d’officine qui emploient plusieurs salariés sont responsables tant sur le plan civil que pénal, de la santé physique et psychologique de ces derniers. Des solutions existent pour limiter les sources du stress en officine. Pour agir sur le stress, il faut d’abord comprendre les facteurs qui le favorisent.
A partir du modèle d’analyse et de compréhension développé par l’ANACT qui classe les facteurs de stress selon quatre grandes familles, Patrick Madié propose des pistes d’action pour aider le pharmacien à gérer son stress et celui de ses salariés.

Découvrir les leviers d’action (en cliquant sur cette phrase ouverture du diaporama de P Madié)

Patrick Madié est directeur d’Action Sociale Pharmaceutique, un service de santé au travail inter-entreprises dédié aux industries et métiers de la santé. A ce titre, ASP suit plus de 1000 officines sur l’Ile de France.

Vous êtes pharmacien d’officine, avocat ou médecin de ville : votre stress, on en parle…

L’action de sensibilisation sur le stress, menée en 2008 conjointement par la caisse RSI professions libérales Ile de France et la CRAMIF auprès des professions libérales, a permis de mesurer l’importance des risques psychosociaux dus au stress professionnel pour les professions libérales juridiques et médicales et leurs attentes à ce sujet. (Colloque : Le stress dans le monde du travail - soirée théâtre-débat - 19 novembre 2008)

En effet, il ressortait à la fois des témoignages des différents intervenants de la soirée/débat, des enquêtes déjà réalisées, et des réponses des participants aux questionnaires « à chaud » et « à froid », une attente forte dans :

    • la connaissance de ces risques,
    • leur appréhension dans le contexte professionnel,
    • l’échange avec les collègues et les organisations professionnelles pour en discuter ensemble (rompre l’isolement de l’indépendant).

Suite à ce constat, une campagne de communication et de sensibilisation a été lancée en 2010, avec le soutien des organisations professionnelles, pour « fédérer » les professionnels autour du sujet.

Les diaporamas ci-joints constituent un support de communication destiné à chacune de ces populations sur les facteurs de risque du « stress » propres à leur profession, les signaux d’alerte et les premiers axes de réponse pour le pallier (conseils et orientation vers des structures existantes).