Radon

Données générales

Les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants d’origine naturelle du fait de certaines activités professionnelles (rayonnement cosmique, radon, etc.), sont susceptibles de dépasser les niveaux de dose fixés pour la population générale par le code de la santé publique. C’est notamment le cas du radon qui, du fait de sa nature radioactive (gaz) et de sa présence potentielle à des concentrations élevées lié à une accumulation dans l’air de bâtiments ou autres lieux confinés où exercent des travailleurs est susceptible de présenter un risque pour ces derniers.

En conséquence, le code du travail (articles R. 4451-136 à 139 et R. 4451-143) prévoit des dispositions particulières visant, en application des principes généraux de prévention et en cohérence avec les dispositions du code de la santé publique, à préserver la santé des travailleurs concernés.

Quels sont les risques

Il convient de rappeler que le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle. Il a été reconnu depuis 1987 comme un cancérogène pulmonaire certain pour l’homme (classement en groupe 1 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) car, en pénétrant dans les poumons avec l’air respiré, les rayonnements ionisants émis peuvent induire le développement d’un cancer.

En France, bien que d’origine environnementale, l’exposition au radon constitue la principale source d’exposition aux rayonnements ionisants : elle représente le tiers de l’exposition moyenne de la population générale (source IRSN).

Les moyens de prévention

La réglementation en matière d’exposition professionnelle au radon d’origine environnementale (dit également d’origine géologique) s’applique compte tenu des 3 critères suivants :
- la situation géographique de l’activité exercée (départements réglementaires identifiés, dits « prioritaires ») ;
- l’environnement dans lequel l’activité professionnelle est exercée (lieu souterrain bâti ou non, établissements thermaux) ;
- la nature de l’activité professionnelle.

L’employeur fait procéder, le cas échéant, à des mesures de l’activité volumique en radon, communément appelées « dépistage » en faisant appel, soit à un organisme agréé par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) soit à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Quel que soit le résultat de ces mesures, l’employeur doit les répéter tous les cinq ans et, le cas échéant, chaque fois que sont réalisés des travaux modifiant la ventilation des lieux ou l’étanchéité des locaux au radon.

Actions simples pour réduire le niveau d’activité volumique du radon dans un bâtiment

Selon les résultats des mesures de l’activité volumique en radon, des actions simples à mettre en œuvre dans un bâtiment peuvent permettre d’abaisser la concentration en radon. Elles concernent l’aération et l’étanchéité du bâtiment.

Pour l’aération :
- aérer régulièrement les pièces/locaux les plus utilisé(e)s ;
- vérifier l’état de la ventilation, rectifier les dysfonctionnements éventuels et si elle est mécanique, veiller à l’entretenir régulièrement ;
- vérifier que les portes d’entrées soient bien détalonnées ;
- améliorer ou rétablir l’aération naturelle du soubassement.

Pour l’étanchéité, réaliser des étanchements pour limiter les entrées de radon dans le bâtiment (portes extérieures, entrées de canalisation, etc.).

Cependant, selon les cas, elles peuvent ne pas garder toute leur efficacité au cours du temps. Il conviendra alors de réaliser un diagnostic technique du bâtiment et des travaux de remédiation.

Travaux de remédiation pour réduire le niveau de radon

Les travaux de remédiation doivent être mis en œuvre à partir des préconisations à la suite d’un diagnostic technique du bâtiment et d’éventuelles investigations complémentaires.

L’approche consiste ainsi à réaliser une combinaison judicieuse des différents points évoqués précédemment en tenant compte de l’état initial de la situation : niveau de dépistage du radon, caractéristiques du bâtiment et de son environnement. D’une manière générale, les solutions mises en place font appel aux deux principes suivants : limiter l’entrée du radon dans le bâtiment et « diluer » la concentration en radon dans le bâtiment.

Les travaux se classent selon trois grandes familles de techniques :
- Assurer l’étanchéité du bâtiment vis-à-vis des entrées de radon (étanchéité à l’air de l’interface sol-bâtiment). Ces techniques d’étanchement seules ne sont généralement pas suffisantes pour réduire efficacement les concentrations en radon dans le bâtiment. Néanmoins elles constituent un préalable essentiel à l’efficacité d’autres solutions mises en œuvre en parallèle ;
- Augmenter le renouvellement de l’air intérieur pour « diluer » le radon (bonne ventilation des locaux, mécanique ou naturelle) ;
- Traiter le soubassement (vide sanitaire, cave, dallage sur terre-plein) pour réduire l’entrée du radon aux étages supérieurs occupés du bâtiment (soit par ventilation naturelle ou mécanique, soit par mise en dépression).

Sources réglementaires

Articles R. 4451-136 à 139 et R. 4451-143 du code du travail

Pour en savoir plus

Le guide de gestion du risque lié au radon a vocation à accompagner les employeurs dans la connaissance du risque et la mise en œuvre de la réglementation applicable aux lieux de travail. Il a été élaboré par le ministère du Travail en concertation avec l’Autorité de sûreté nucléaire.