Pressing (employé de)

Données macro

Le métier correspond à l’entretien des textiles de toute nature, qu’ils proviennent de vêtements ou d’ameublement. La technique de nettoyage à sec consiste à utiliser un solvant pour nettoyer les textiles (la technique utilisée en blanchisserie fait appel à l’eau).

En raison de la petite taille de l’entreprise, l’employé de pressing doit être polyvalent. Il réalise toutes les opérations de la réception à la remise des articles, en passant par celles relatives au nettoyage de ceux-ci c’est-à-dire :

  • Accueil des clients, réception du linge, étiquetage, identification du travail à réaliser (taches par exemple), tri du linge ;
  • Prédétachage, prébrossage (par emploi de perchloréthylène) des parties les plus sales, détachage à la main, chargement de la machine, mise en route, déchargement, contrôle du nettoyage, repassage, redétachage si nécessaire,
  • Emballage sous housse, rangement sur portants ou robots de convoyage, déstockage, empaquetage, et remise au client après encaissement.

D’autres activités viennent s’y ajouter : chargement de la machine en perchloroéthylène, entretien de la machine (nettoyage du distillateur, nettoyage et lavage des filtres à peluche et à boutons, vérification du contrôleur de séchage, retrait des bourres de textiles du tunnel de séchage, contrôle de l’étanchéité des circuits, vidange et nettoyage du séparateur).

Les activités se déroulent soit en magasin de ville, soit en galerie marchande de grande surface. Ces locaux, quels qu’ils soient, sont souvent exigus.

Ce métier est accessible sans qualification (ou avec une formation niveau V). Des formations qualifiantes existent cependant :

  • CAP EATEI : Entretien des Articles Textiles en Entreprise Industrielle,
  • CAP Métier du pressing : conduite des machines spécifiques pour le nettoyage, le repassage. Le responsable du pressing doit, lui, être formé.

Il se caractérise, notamment, par le travail debout et de nombreux pas et piétinements.

Les risques du métier

Accidents du travail

Les principaux accidents du travail sont dus à :

  • Risque chimique (intoxication aiguë ou chronique),
  • Electrisation,
  • Explosion (utilisation de solvants en machines non-conformes ou flamme nue à proximité des machines),
  • Chute sur sol encombré,
  • Chute d’objet,
  • Brûlures (vapeur, fer à repasser),
  • Lombalgies,
  • Malaises,
  • Agressions.
  • D’autres risques sont également évoqués :
  • Pathologie veineuse (travail debout et à la chaleur)
  • Pulpite des pouces
  • Troubles gynécologiques et de la fertilité

Maladies professionnelles

Les principales maladies professionnelles sont :

  • Affections gastro-intestinales provoquées par le benzène, le toluène, les xylènes et tous les produits en renfermant (Tableau n° 4 BIS).
  • Affections provoquées par les dérivés halogénés des hydrocarbures aromatiques (Tableau n° 9).
  • Affections professionnelles provoquées par les hydrocarbures aliphatiques halogénés (Tableau n° 12).
  • Affections professionnelles provoquées par le fluor, l’acide fluorhydrique et ses sels minéraux (Tableau n° 32).
  • Affections cutanées provoquées par les amines aliphatiques, alicycliques ou les éthanolamines (Tableau n° 49).
  • Affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail (Tableau n° 57).
  • Rhinites et asthmes professionnels (Tableau n° 66).
  • Affections engendrées par les solvants organiques liquides à usage professionnel : (Tableau n° 84).
  • Affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes (Tableau n° 98).

Risques inhérents aux lieux de travail

Différentes causes peuvent être à l’origine de chutes ou heurts :

  • les locaux de travail se caractérisent souvent par leur exiguïté, particulièrement lorsqu’ils sont situés dans les cellules des galeries marchandes de centres commerciaux.
  • s’y ajoute souvent un encombrement important, surtout lors des périodes de pointe (limité par l’installation de rangements en hauteur qui créent d’autres risques).
  • les sols peuvent être glissants si le linge ne sort pas parfaitement essoré des machines.

Le risque chimique se révèle par l’absence d’une ventilation efficace en regard du travail à réaliser, particulièrement dans les galeries marchandes. L’odeur de solvants, omniprésente, provoque une gêne importante pour les salariés

Une fatigue visuelle peut être à l’origine de problèmes de luminosité :

  • celle-ci n’est pas souvent adaptée au travail à réaliser, surtout en ce qui concerne la minutie liée aux opérations de détachage.
  • elle peut alors être insuffisante ou trop forte ce qui crée des risques d’éblouissement, particulièrement lorsqu’il y a alternance de travail au détachage et aux machines (coins sombres).
  • l’éclairage artificiel permanent des galeries marchandes crée une gêne supplémentaire.

Autres sources d’inconfort d’où fatigabilité :

  • les travailleurs évoluent le plus souvent dans des ambiances surchauffées dues à la présence des machines et des appareils de repassage.
  • on note souvent l’absence de vestiaires, de salle pour les repas, des locaux surchauffés (repassage, machines, …).

Principaux risques inhérents aux tâches

L’activité est caractérisée par de nombreuses contraintes qui peuvent occasionner des affections chroniques du rachis lombaire :

  • ports de charges lors de la réception des articles à nettoyer, la mise en machine, la sortie de machine, l’entreposage et la reprise pour les remettre au client, lors de la manipulation des paniers de vêtements, des bidons de produits, des fer à repasser, …
  • poids de certains articles (lourds et encombrants) tels que les rideaux, les ouvertures, les couvre-lits,
  • postures difficiles à tenir (extension ou flexion forcée du rachis lors du chargement et déchargement de la machine, travail bras en l’air lors de l’accrochage et du décrochage, repassage sur cintres ou mannequins, …
  • travail statique debout succédant aux piétinements (accueil, repassage),

On note également des mouvements répétitifs avec appui sur les poignets lors des opérations de repassage, détachage, étiquetage et un travail à cadence rapide… (affections péri articulaires - tableau n° 57 des maladies professionnelles).

Principaux risques inhérents aux produits

Un grand nombre de produits chimiques, dangereux pour la santé de l’homme, est utilisé dans cette activité :

  • nettoyants (perchloréthylène, trichloréthylène, …),
  • détachants (produit à base d’acide fluorhydrique pour la rouille, ammoniaque associée à des alcools et à des tensioactifs pour le sang, essence de térébenthine, xylène, toluène, white spirit, alcool éthylique, alcool isopropylique, alcool butylique, alcool méthylique, cyclohexanol, acide lactique, acide sulfosuccinique, acide acétique, glycols (dont éthers de glycols), acétate de n butyle, éthanolamine (di et tri), thiourée, tensioactifs, protéases, …
  • sel pour l’adoucisseur d’eau,
  • filtres dont certains peuvent contenir de la silice (terres de diatomées),

La majorité d’entre eux sont étiquetés T (toxique), Xi (irritant) ou Xn (nocif).

D’autres produits sont classés CMR (cancérogènes, mutagènes reprotoxiques)

Perchloréthylène

Usage très courant.

Cancérogène catégorie 3 avec la phrase R 40 : Effet cancérogène suspecté - Preuves insuffisantes.

Valeurs limites d’exposition professionnelle :

  • VME (valeur moyenne d’exposition mesurée sur 8 heures) = 50 ppm (335 mg/m3 d’air) ;
  • pas de VLE (valeur limite d’exposition mesurée sur 15 minutes).

Trichloréthylène

Usage courant (taches rebelles)

Cancérogène catégorie 2 avec la phrase R 45 : Peut causer le cancer.

Valeurs limites d’exposition professionnelle :

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NB : on ne retrouve pratiquement plus d’amiante, matériel qui servait de housse protectrice pour le matériel de repassage.

Principaux risques inhérents aux équipements de travail

Risque machines

Les principaux équipements de travail sont la(les) machine(s) de nettoyage à sec, les pistolets à vapeur pour le rinçage après détachage, les mannequins gonflables à vapeur, les fers à repasser avec repose-fers, les tables à repasser, les centrale à vapeur, les presses, les mannequins de repassage, les robots de convoyage, les perche d’accrochage/décrochage, les escabeaux, les machines à emballer, …

Des machines non conformes créent un risque chimique supplémentaire, un risque électrique accru par la présence d’humidité, un risque d’explosion, des risques de brûlures. Peu de risque "machine" au sens consacré du terme.

Autres risques

Risques physiques

  • Risque incendie explosion (utilisation de solvants inflammables autres que perchloréthylène et trichloréthylène).
  • Risque électrique : nombreuses machines électriques, humidité, …
  • Bruit (machines, clientèle, galerie marchande, en particulierlors d’animations, fêtes, …).
  • Chaleur : environnement, machines, tuyauterie, fers à repasser, presse à repasser, éclairage.
  • Humidité.
  • Courants d’air.

Risques biologiques

Possible par contact avec du linge contaminé (surtout si activité de blanchisserie).

Risques psycho-sociaux

  • travail isolé, surtout aux heures creuses, ou au sein d’une petite équipe,
  • nombreux passage de clientèle,
  • risque de vol, de braquage (caisse).
  • agression plus ou moins fortes (périodes de pointe, notions de service, exigences, vêtements égarés, personnalités difficiles, …),
  • charge de travail (cadences, relais, périodes de pointe, plages horaires, …),
  • polyvalence, discontinuité dans le travail, urgences, …,
  • activité cyclique avec des périodes de pointe à certaines périodes de la journée (tôt le matin, tard le soir, le samedi, …),
  • amplitude horaire (9H – 19 H voire 21 heures en galerie marchande),
  • fatigue auditive en raison du travail dans le bruit permanent des machines en fonctionnement, du pistolet à vapeur, … et dans celui de l’environnement (animation des galeries marchandes, bruit de la rue, entrée/sortie des clients, …).
  • fatigue visuelle due aux écarts de luminosité entre les opérations de détachage, de repassage et celles réalisées dans les zones sombres lors du chargement des machines par exemple. S’y ajoute la lumière artificielle permanente dans les galeries marchandes.
  • odeur de solvants plus ou moins importante.

Les moyens de prévention

Rappel important : La prévention doit toujours obéir à la logique suivante :
1° suppression du risque (substitution d’un produit …)
2° évaluation du risque non supprimable (document unique d’évaluation)
3° protection collective (captage des polluants, protecteur sur machine…)
4° protection individuelle (quand la protection collective est impossible, insuffisante ou dans l’attente de son installation) .
Dans tous les cas, l’information et la formation des travailleurs s’imposent.

Risques inhérents aux locaux

  • aménager des ouvertures sur l’extérieur si possible,
  • prévoir des captages efficaces, les entretenir et les faire contrôler régulièrement. Faire contrôler l’atmosphère des lieux de travail.
  • aérer les locaux (ventilation générale suffisante) voire les climatiser, prévoir un approvisionnement en boissons fraîches, prévoir des pauses supplémentaires en cas de chaleur accentuée.
  • isoler les sources de chaleur (tuyaux à calorifuger),
  • adapter l’éclairage aux taches,
  • réduire les sources de bruits,
  • limiter les interventions en hauteur, adapter le matériel pour les travaux en hauteur,
  • limiter l’encombrement, les dénivelés,
  • prévoir des rangements, des stockages, prévoir des dégagements, des aires de circulation dans les locaux,
  • prévoir des sols anti-dérapants, utiliser des chaussures adaptées à semelles antidérapantes.

Risques inhérents aux taches

  • utiliser des aides à la manutention (chariots à roulettes, basculant pour alimenter les machines, élévation des panier, …),
  • limiter les charges, les accrochages en hauteur,
  • acheter du matériel le plus léger possible (fers en particulier),
  • utiliser des sièges de repos ou assis/debout pour les opérations qui s’y prêtent,
  • prévoir des rangements à hauteur d’homme,
  • aménager les postes de travail (hauteurs réglables),
  • acquérir du matériel adapté,
  • former les salariés « Prévention des risques liés à l’activité physique » ou formations spécifiques.

Risques inhérents aux produits

  • substitution du perchloréthylène, du trichloréthylène et, à terme, du toluène et du xylène (nettoyage à l’eau, nettoyage vert avec des dérivés du silicone, …)
  • nettoyage en vase clos avec des machines à remplissage automatique, une temporisation de l’ouverture après séchage, un captage des vapeurs, un raclage et une évacuation automatiques des boues, …
  • bonnes pratiques en ce qui concerne la conduite des machines (pas de surcharge de la machine, temps de séchage respecté, pas de stockage d’articles en attente de repassage, détachage avec captage au plus près de la source,
  • mise en place d’une ventilation et d’une évacuation adaptée des rejets afin d’éviter toute intoxication du personnel, du public ou des riverains et de limiter les odeurs.
  • mise en place d’un plan de gestion des solvants et d’une bonne gestion des déchets : suivre sa consommation en solvant permet d’optimiser le fonctionnement de la machine ou d’identifier toute surconsommation.
  • stockage des produits dans des récipients hermétiquement fermés et identifiés, dans un local fermé et ventilé ; stockage des déchets dans les mêmes conditions.
  • formation et information des salariés (lecture des étiquettes, sensibilisation au risque chimique : gestes à ne pas faire, re-conditionnement ou mélanges intempestifs, conduite à tenir en cas d’accident…).
  • surveillance médicale spéciale.

Risques inhérents aux équipements de travail

  • machines conformes, bien entretenues (nettoyage du filtre, entretien de la pompe à chaleur et du contrôleur), libèrant peu de solvants grâce à des captages efficaces et des filtres changés régulièrement,
  • formation à leur utilisation,
  • conformité de l’installation électrique,
  • maintenance préventive,
  • entretien du matériel de repassage (glisse améliorée d’où réduction des efforts).

Autres risques

Risques liés à la chaleur

  • mettre de l’eau réfrigérée à disposition
  • former à la conduite à tenir en cas de brûlure (risque lié au repassage),
  • disposer d’une armoire à pharmacie avec ce qu’il faut pour limiter les effets des brûlures (tulle gras)

Risques incendie/explosion

  • remplacer les produits les plus inflammables (à voir avec le fournisseur) ; installer des moyens d’extinction en cas d’incendie (extincteurs).
  • interdire de fumer dans les locaux ou à proximité.
  • faire vérifier périodiquement l’installation électrique en spécifiant l’emploi de solvants inflammables si c’est le cas.
  • extincteurs adaptés, en nombres suffisants, avec un personnel formé et exercé.

Risque électrique

  • installations régulièrement vérifiées, mises et maintenues en conformité,
  • dimensionnement de l’installation selon l’activité,
  • pas de surcharges des prises,

Risques biologiques

  • connaissance du risque, de la provenance du linge,
  • manipulation du linge suspect avec des gants,
  • hygiène,
  • vaccinations

Risques psychosociaux

  • organisation du travail, planification, pauses,
  • sensibilisation des salariés aux risques,
  • réunions périodiques, débriefings,
  • réserve d’argent minimale,
  • information sur la conduite à tenir en cas de clients difficiles, braquage, …
  • soutien de la hierarchie.

Textes applicables

Partie IV du code du travail, notamment

  • en cas conception de locaux neufs ou d’aménagement des locaux existants : articles R. 4212-1 à 4217-2
  • pour l’aération des locaux existants : articles R. 4222-1 à R. 4222-26
  • pour l’éclairage : articles R. 4223-1 à R. 4223-12
  • pour l’ambiance thermique : articles R. 4223-13 à R. 4223-15
  • pour le confort au poste de travail : articles R. 4225-2 à R. 4225-5
  • pour le risque incendie/explosion : articles R. 4227-1 à R. 4227-57
  • pour les installations sanitaires, restauration : articles R. 4228-1 à R. 4227-25
  • pour les machines neuves : article R. 4311-4 et son annexe I
  • pour les machines mises en services avant le 01 janvier 1993 : articles R. 4324-1 à R. 4324-23
  • pour le risque chimique : articles R. 4412-1 à R. 4412-58
  • pour le risque CMR : articles R. 4412-59 à R. 4412-93
  • pour le risque biologique : articles R. 4421-1 à R. 4427-5
  • pour le risque bruit : articles R. 4431-1 à R. 4437-4

Pour en savoir plus

INRS

Un guide d’évaluation des risques et de prévention « L’activité de nettoyage à sec » ED 6025 (20 pages)

L’activité de nettoyage à sec, couramment appelée pressing, peut générer, outre des risques physiques, des risques chimiques pour les salariés. Ce guide prête ainsi une attention particulière à l’exposition aux produits chimiques dangereux puisque le nettoyage à sec utilise majoritairement le perchloroéthylène. Cette brochure est un outil pour mener à bien une évaluation des risques et présente les moyens de prévention à mettre en oeuvre.

Fiche substitution du perchloréthylène (FAS 2) : INRS.

Fiche toxicologique du perchloroéthylène (FT 29) INRS 2004.

Profils d’exposition au perchloroéthylène dans le secteur du nettoyage à sec (ND 2280) – INRS 2007.

CARSAT

Guide d’évaluation des risques pressing

Nettoyage à sec : les risques et leur prévention (DTE 161) CRAMIF 2004.

INERIS

Note sur les produits de substitution du perchloroéthylène dans les installations de nettoyage à sec Analyse de la réglementation et des pratiques à l’étranger (RAPPORT D’ÉTUDE n° ERSA- 05 n°9 - INERIS 2005.

CCHST Site du centre canadien d’hygiène et sécurité au travail

Buanderies d’hôtel

Sources

Document inspiré de

Fiche médico-professionnelles du CISME

Caractéristiques générales et médico-professionnelles classées en 6 tableaux, détaillant les nuisances professionnelles, les moyens de prévention, les effets sur la santé et la surveillance médicale.