Le Médecin du Travail

Un acteur clé au sein du SST Un rôle pivot de la pluridisciplinarité

Le médecin du travail, dans le cadre de son indépendance médicale et technique exerce ses missions au sein d’une équipe pluridisciplinaire pour développer la prévention surtout primaire (qui vise à supprimer les facteurs de risques), secondaire (qui porte sur la surveillance du milieu de travail et de la santé du travailleur), à défaut tertiaire (qui minimise les conséquences des attentes de la santé du fait du travail).

Au sein de son service, il participe à la commission médico-technique qui conseille le SST sur les orientations et les actions collectives à mener.

Sa mission fondamentale (loi de 1946) est d’éviter toute altération de la santé physique et mentale des travailleurs du fait de leur travail. Force de proposition auprès de tous les acteurs de l’entreprise (direction, représentants du personnel, salariés…), il conduit des projets en vue d’action de préservation et de prévention de la santé en mobilisant les ressources internes du SST : l’équipe pluridisciplinaire (Intervenant en Prévention des Risques Professionnels (IPRP), assistante santé au travail, infirmier(e) de santé au travail). Il peut solliciter des ressources externes : IPRP, consultants, ergonomes, institutionnels (CARSAT*, OPPBTP*, ARACT*, INRS*, INVS*…)

Son rôle essentiel est :

  • d’assurer le suivi médical individuel des salariés lors des différents visites,
  • de développer des actions en milieu de travail, par l’évaluation des risques professionnels et de proposer des solutions d’ergonomie correctives ou mieux de conception
  • de participer à la prévention collective en collaborant à la veille sanitaire (INVS), en s’inscrivant dans le plan régional et national de santé au travail par la réalisation d’enquêtes, d’études épidémiologiques ou le recueil des maladies à caractère professionnel,
  • de réaliser ou de transférer des actions de prévention dans les entreprises, d’alerter sur des altérations de la santé du fait de ses expériences auprès des autres secteurs d’activité, de par sa connaissance de l’histoire de l’entreprise (le Médecin du Travail, membre de droit du CHSCT est souvent la mémoire du fonctionnement de l’entreprise).

Le médecin du travail (seul spécialiste de la relation santé / travail) assure deux activités indissociables.

un suivi médical individuel

(dans le cadre d’un colloque singulier empreint de subjectif)

Il conduit un entretien médico-technique puis réalise un examen clinique centré sur les risques professionnels lors des visites médicales :

  • Obligatoires telles les visites d’embauche, périodiques (annuelles si risque professionnel ou individuel ou bisannuelles), de reprise (après maladie, professionnelle ou non, accident, maternité, absence prolongée).
  • Facultative : visite de pré-reprise (pour préparer une reprise dans les meilleures conditions avec adaptation, aménagement de poste…), visite à la demande du salarié ou de l’employeur. Les dernières visites sont en constante augmentation du fait de l’espacement des visites et une démographie médicale en déclin. Tout salarié peut consulter spontanément son médecin du travail chaque fois qu’il fait le lien entre sa santé et son travail. Le médecin du travail, au cours de ces différentes visites, va rechercher des pathologies débutantes ou avérées ou même "infra-cliniques".

Les visites périodiques permettent de faire le lien tout au long de la vie active entre la santé et les risques professionnels en s’appuyant sur la traçabilité des expositions professionnelles.
Les visites de reprise sont l’occasion de savoir si le travail est en tout ou partie responsable de l’altération de la santé et/ou si le salarié va pouvoir reprendre le travail au même poste avec ou sans aménagement, ou adaptation de poste.
Le médecin du travail peut recourir à des examens complémentaires ou à des experts médicaux (consultations de pathologie professionnelle ou spécialisées). Ces visites font l’objet d’un avis d’aptitude ou d’inaptitude.

Des actions en milieu de travail

Le médecin doit y consacrer le tiers de son temps (soit 150 demi journée par an de travail effectif).
Il est le conseiller de tous les acteurs de l’entreprise notamment en ce qui concerne :

  • l’amélioration des conditions de vie et de travail dans l’entreprise,
  • l’adaptation des postes, des techniques et des rythmes de travail à la physiologie humaine,
  • la protection des travailleurs contre l’ensemble des nuisances (risques d’AT, produits dangereux…),
  • l’hygiène générale et l’hygiène dans les services de la restauration,
  • l’éducation sanitaire en rapport avec l’activité professionnelle,
  • la construction ou les aménagements nouveaux,
  • les modification apportées aux équipements,
  • la mise en place ou la modification de l’organisation du travail de nuit.

Il est aussi informé de la nature et de la composition des produits utilisés et des résultats des mesures et analyses réalisées.
Avec l’équipe pluridisciplinaire, il réalise des fiches d’entreprise, des études ergonomiques des postes de travail, et participe à l’élaboration du document unique. L’évaluation des risques individuels et collectifs porte sur l’ensemble des risques physiques, chimiques, biologiques, psychosociaux et organisationnels.
Le médecin du travail initie des actions dans l’entreprise mais aussi au niveau de plusieurs entreprises dans un même secteur professionnel pour mutualiser les données, l’expérience, les compétences et la communication par un recueil anonymisé des données.
Il conduit toutes ses actions avec une expertise dans la plus grande neutralité et dans l’obligation du respect du secret professionnel médical et technique de fabrication.
A partir des visites médicales et de l’étude du poste de travail, il va construire une vision synthétique. Cette connaissance du singulier (le salarié) et du pluriel (un groupe de salariés, l’entreprise…) lui permet d’informer l’employeur (toujours dans le respect de l’anonymat et du secret médical) sur les altérations de la santé physique et/ou mentale des salariés en les reliant aux différents risques de l’entreprise.
En cas de danger grave et imminent pour un ou plusieurs salariés, le médecin du travail est habilité à alerter l’employeur ou les représentants du personnel pour éviter l’apparition de toute pathologie ou leur aggravation, quitte à soustraire le salarié de l’exposition au risque par une inaptitude temporaire.

Le médecin du travail reste donc un acteur incontournable pour préserver la santé des salariés en privilégiant une action pluridisciplinaire centrée essentiellement sur la prévention primaire en agissant à la fois sur le milieu du travail et sur le facteur humain (conseil, formation, éducation, information).
À la demande des délégués du personnel, il peut effectuer des visites des lieux de travail sur un sujet particulier (alerte sur la dégradation de la santé de plusieurs salariés, sur un aménagement inadapté d’un poste de travail, etc .). Il peut par ailleurs être sollicité sur des projets initiés par les délégués du personnel en apportant son expertise (projet de conception, de prévention des TMS, etc.)

SST : Service de Santé au Travail
CARSAT : Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail
OPPBTP : Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics
ARACT : Agence Régionale d’Amélioration des Conditions de Travail
INRS : Institut National de la Recherche et de Sécurité
INVS : Institut National de la Veille Sanitaire