Dernière mise à jour le 1er mars 2013
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Les organismes de services à la personne

Synthèse

Garde d’enfants, d’un malade ou d’une personne dépendante, ménage, petits travaux de jardinage, soutien scolaire… pour faire réaliser des travaux à caractère domestique ou familial, toute personne peut soit embaucher directement un salarié à son domicile, soit faire appel à un organisme de services à la personne (associations, entreprises, régies de quartier, etc.) qui, selon la nature des activités exercées, sera soumis à agrément et/ou à simple déclaration.

A savoir

La loi du 23 juillet 2010 (JO du 24) a modifié le code du travail (notamment ses articles L. 7232-1 à L. 7232-6) afin d’assouplir les conditions d’agrément des prestataires de services à la personne et a instauré notamment, pour les services non destinés aux personnes dites « vulnérables » (enfants de moins de 3 ans, personnes âgées, personnes handicapées), un régime déclaratif simple auprès de l’autorité compétente. Les modalités d’application de ces dispositions ont été fixées par les décrets n° 2011-1132 et n° 2011-1133 du 20 septembre 2011.
Cette réglementation fait l’objet d’une présentation détaillée (champ d’application, procédure, obligations des organismes, etc.) dans l’instruction ministérielle DGCIS – n° 1-2012 du 26 avril 2012 citée en référence, à laquelle on pourra utilement se reporter.

Sommaire

Fiche détaillée

Quelles sont les activités concernées ?

Les activités de services à la personne sont les suivantes (art. L. 7231-1 et D. 7231-1 du code du travail) :

  1. Garde d’enfants à domicile, en dessous d’un âge fixé à 3 ans par l’arrêté du 26 décembre 2011 (JO du 30 décembre 2011),
  2. Assistance aux personnes âgées ou aux personnes qui ont besoin d’une aide personnelle à leur domicile, à l’exclusion d’actes de soins relevant d’actes médicaux,
  3. Garde malade à l’exclusion des soins,
  4. Assistance aux personnes handicapées, y compris les activités d’interprète en langue des signes, de technicien de l’écrit et de codeur en langage parlé complété,
  5. Prestation de conduite du véhicule personnel des personnes dépendantes, du domicile au travail, sur le lieu de vacances, pour les démarches administratives,
  6. Aide à la mobilité et transport de personnes ayant des difficultés de déplacement,
  7. Accompagnement des enfants de moins de 3 ans, des personnes âgées ou handicapées dans leurs déplacements en dehors de leur domicile (promenades, transport, actes de la vie courante),
  8. Entretien de la maison et travaux ménagers,
  9. Petits travaux de jardinage, y compris les travaux de débroussaillage,
  10. Prestations de petit bricolage dites « homme toutes mains »,
  11. Garde d’enfants à domicile au-dessus d’un âge fixé à 3 ans par l’arrêté du 26 décembre 2011 (JO du 30 décembre 2011),
  12. Soutien scolaire à domicile ou cours à domicile,
  13. Soins d’esthétique à domicile pour les personnes dépendantes,
  14. Préparation de repas à domicile, y compris le temps passé aux commissions,
  15. Livraison de repas à domicile,
  16. Collecte et livraison à domicile de linge repassé,
  17. Livraison de courses à domicile,
  18. Assistance informatique et internet à domicile,
  19. Soins et promenades d’animaux de compagnie, à l’exception des soins vétérinaires et du toilettage, pour les personnes dépendantes,
  20. Maintenance, entretien et vigilance temporaires, à domicile, de la résidence principale et secondaire,
  21. Assistance administrative à domicile,
  22. Accompagnement des enfants de plus de 3 ans dans leurs déplacements en dehors de leur domicile (promenades, transport, actes de la vie courante), # Activités qui concourent directement et exclusivement à coordonner et délivrer les services mentionnés ci-dessus.

  • Les activités de services à la personne, qu’elles soient soumises à agrément et/ou déclaration (voir ci-dessous), peuvent comprendre à titre accessoire des prestations de conseil, à condition que celles-ci soient en lien avec les activités fournies ; dans ce cas, le conseil est inclus dans la prestation et ne peut faire l’objet d’une facturation distincte. Ainsi, par exemple, à l’occasion d’une prestation de petit jardinage, le prestataire peut apporter son conseil sur la fréquence de l’arrosage, de la taille, …
  • Pour être éligibles au bénéfice de la déclaration, les personnes morales ou les entrepreneurs individuels doivent se consacrer exclusivement à l’exercice de l’une ou de plusieurs des activités de services à la personne énumérées ci-dessus. Ces activités doivent être exercées au profit de particuliers, à leur domicile ou, pour certaines activités de livraison ou d’aide aux déplacements, à partir ou à destination du domicile ou dans son environnement immédiat. Il peut être dérogé à cette condition d’activité exclusive dans les conditions fixées par l’article L. 7232-1-2 du code du travail et explicitées dans l’instruction ministérielle du 26 avril 2012 précitée, à laquelle on se reportera.

Quelles sont les activités de services à la personne soumises à déclaration ?

Certaines activités de services à la personne sont soumises à une simple déclaration, qui n’est pas une condition pour leur exercice mais est indispensable pour ouvrir droit aux avantages fiscaux et sociaux des services à la personne.
Relèvent de cette déclaration, les activités suivantes (pour le détail de chacune de ces activités, on pourra se reporter à l’Instruction ministérielle du 26 avril 2012 citée en référence) :

  • l’entretien de la maison et travaux ménagers ;
  • les petits travaux de jardinage, y compris les travaux de débroussaillage ;
  • les travaux de petit bricolage dits « hommes toutes mains » ;
  • la garde d’enfants à domicile au-dessus de trois ans ;
  • le soutien scolaire à domicile ou cours à domicile ;
  • les soins d’esthétique à domicile pour les personnes dépendantes ;
  • la préparation de repas à domicile, y compris le temps passé aux commissions ;
  • la livraison de repas à domicile ;
  • la collecte et livraison à domicile de linge repassé ;
  • la livraison de courses à domicile ;
  • l’assistance informatique et Internet à domicile ;
  • les soins et promenades d’animaux de compagnie à l’exclusion des soins vétérinaires et du toilettage, pour les personnes dépendantes ;
  • la maintenance, entretien et vigilance temporaires, à domicile, de la résidence principale et secondaire ;
  • l’assistance administrative à domicile ;
  • l’accompagnement des enfants de plus de trois ans dans leurs déplacements en dehors de leur domicile (promenades, transport, actes de la vie courante) ;
  • les activités qui concourent directement et exclusivement à coordonner et délivrer les services.

Quelles sont les activités de services à la personne soumises à agrément ?

L’agrément est obligatoire pour pouvoir exercer certaines activités de services à la personne (art. L. 7232-1 du code du travail). Le bénéfice des avantages sociaux et fiscaux attachés aux activités de services à la personne suppose que l’organisme de services à la personne agréé procède également à sa déclaration (sur la déclaration, voir ci-dessus).

Le fait, pour une personne morale ou un entrepreneur individuel, d’exercer des activités relevant du champ de l’agrément sans que celles-ci soient mentionnées dans son agrément l’expose au retrait de cet agrément et éventuellement de sa déclaration.

Relèvent de l’agrément, les activités suivantes (I de l’article D.7231-1 du code du travail ; pour le détail de chacune de ces activités, on pourra se reporter à l’Instruction ministérielle du 26 avril 2012 citée en référence) :

  • garde d’enfants à domicile, en dessous de 3 ans ;
  • assistance aux personnes âgées ou aux personnes qui ont besoin d’une aide personnelle à leur domicile, à l’exception d’actes de soins relevant d’actes médicaux (accompagnement et aide aux personnes dans les actes essentiels de la vie quotidienne, accompagnement et aide aux personnes dans les activités de la vie sociale et relationnelle, soutien des activités intellectuelles, sensorielles et motrices, etc.) ;
  • garde malade à l’exclusion des soins ;
  • assistance aux personnes handicapées, y compris les activités d’interprète en langue des signes, de technicien de l’écrit et de codeur en langage parlé complété ;
  • prestation de conduite du véhicule personnel de personnes dépendantes, du domicile au travail, sur le lieu de vacance et pour les démarches administratives ;
  • aide à la mobilité et transport de personnes ayant des difficultés de déplacement ;
  • accompagnement des enfants de moins de trois ans, des personnes âgées ou handicapées dans leurs déplacements en dehors de leur domicile (promenades, transport, actes de la vie courante).

Quelles sont les modalités d’interventions possibles ?

Un organisme de services à la personne (OSP) peut intervenir selon les modalités suivantes :

  • le placement de travailleurs auprès d’un particulier (ou mode « mandataire »). Dans ce cadre, l’OSP a une obligation d’information auprès de ses clients (la personne physique employeur), notamment pour leur rappeler leurs principales responsabilités d’employeur. Il s’assure également des aptitudes des candidats à exercer les emplois proposés dont il aura, par un entretien préalable, apprécié les aptitudes, l’expérience professionnelle et les qualifications. Le particulier, personne physique, est alors l’employeur, mais l’OSP, outre la sélection et la présentation des candidats, peut également accomplir, pour le compte de ce particulier employeur, les formalités administratives d’embauche, procéder aux déclarations sociales et fiscales liées à l’emploi du salarié, etc. L’OSP peut demander aux employeurs une contribution représentative de ses frais de gestion ;
  • l’embauche de travailleurs pour les mettre, à titre onéreux, à la disposition de personnes physiques. L’organisme est alors l’employeur du salarié, et le particulier le client de cet organisme : il règle la prestation sur présentation de la facture établie par le prestataire. Dans ce mode, l’intervenant est mis à disposition du client qui exerce, par délégation, certaines responsabilités de l’employeur relatives aux conditions de travail (précisions sur les tâches à accomplir, horaires de travail, etc.). Ces conditions sont précisées dans la convention de mise à disposition signée entre le client et l’OSP ;
  • la fourniture de prestations de services aux personnes physiques (ou « mode prestataire »). Dans ce mode, les intervenants qui réalisent la prestation sont salariés de l’OSP qui propose les services ; l’OSP choisit le ou les salariés qui vont intervenir, élabore le planning des interventions avec son client, assure la continuité du service, etc. Client de l’organisme, la personne physique règle la prestation sur présentation de la facture établie par l’OSP. Cette facture doit comporter un certain nombre de mentions obligatoires dont la liste est donnée par l’article D. 7233-1 du Code du travail. En outre, seules les factures acquittées soit par carte de paiement, prélèvement, virement, titre universel ou interbancaire de paiement ou par chèque, soit par CESU peuvent ouvrir droit à l’avantage fiscal au titre des emplois à domicile.
    La personne morale ou l’entrepreneur individuel déclaré en application de l’article L.7232- 1-1 du code du travail doit communiquer avant le 31 janvier de l’année « N+1 » à chacun de ses clients une attestation fiscale annuelle, afin de leur permettre de bénéficier de l’avantage fiscal mentionné ci-dessus au titre de l’imposition de l’année « N ». Cette attestation fiscale comporte les mentions prévues par l’article D. 7233-4 du code du travail Les paiements effectués en numéraire n’ouvrent pas droit à l’établissement d’une attestation fiscale.
Pour payer le service rendu par l’organisme intervenant dans le champ des services à la personne, le particulier peut utiliser l’aide financière de son entreprise ou de son comité d’entreprise, des « titres CESU » ou le chèque emploi-service universel (CESU).

Les organismes de services à la personne peuvent prendre des formes différentes selon les types d’activités exercées : entreprises (quelle que soit leur forme juridique - sociétés, entrepreneurs individuels, etc.), associations loi 1901, associations intermédiaires, régies de quartiers, organismes ayant conclu une convention avec un organisme de sécurité sociale au titre de leur action sociale (ex. : organisme gestionnaire d’un centre social, d’un centre de loisirs), etc. Sur ce point, on peut se reporter à l’instruction ministérielle DGCIS – n° 1-2012 du 26 avril 2012 citée en référence.

Quelle est la procédure ?

Pour la déclaration
Les règles et les procédures de déclaration sont prévues par les articles L. 7232-1-1 à L. 7232-9 et par les articles R. 7232-18 à R. 7232-24 du code du travail. La déclaration permet aux personnes morales ou aux entrepreneurs individuels d’ouvrir droit aux avantages fiscaux prévus aux 1° et 2° de l’article L. 7233-2 du code du travail (crédit ou réduction d’impôt prévu par l’article 199 sexdecies du code général des impôts et, selon les cas, taux réduit de TVA prévu au i de l’article 279 ou au D de l’article 278-0 bis du même code pour certaines de leurs activités agréées), ainsi qu’aux exonérations de cotisations sociales mentionnées à l’article L. 241-10 du code de la sécurité sociale.

La déclaration concerne aussi bien les activités nécessitant un agrément préalable tel que précisé précédemment que les activités (relevant auparavant de « l’agrément simple ») qui peuvent s’exercer librement.

Le représentant de la personne morale ou l’entrepreneur individuel effectue sa déclaration par voie électronique ou adresse son dossier par voie postale en recommandé avec avis de réception à la DIRECCTE territorialement compétente pour le département du lieu d’implantation de son principal établissement ou du lieu d’établissement de l’entrepreneur individuel.
Lorsque la personne morale ou l’entrepreneur individuel est établi hors de France, sa déclaration est adressée à la DIRECCTE territorialement compétente pour le département où il estime que son activité sera la plus importante.

La personne morale ou l’entrepreneur individuel a l’obligation d’informer la DIRECCTE compétente de toute modification le concernant, notamment l’ouverture ou la fermeture d’une implantation ou l’extension de son offre à une ou plusieurs activités de services à la personne. La déclaration modificative est effectuée selon les mêmes modalités que la déclaration initiale.

Les modalités de déclaration (contenu du dossier, contrôle, enregistrement, etc.), les hypothèses et conséquences d’un retrait de l’enregistrement de cette déclaration sont présentées en détail dans l’instruction ministérielle DGCIS – n° 1-2012 du 26 avril 2012 citée en référence.

Pour l’agrément
L’agrément préalable, nécessaire pour exercer les activités de services à la personne mentionnées à l’article L. 7232-1 et au I de l’article D.7231-1 du code du travail (voir ci-dessus), est délivré dans les conditions fixées par les articles R. 7232-1 à R. 7232-17 du code du travail et, notamment, par le cahier des charges prévu à l’article R. 7232-7, approuvé par l’arrêté du 26 décembre 2011 L’agrément est délivré pour une durée de cinq ans, dans les conditions fixées par les articles R. 7232-1 à R. 7232-12 du code du travail
La demande de renouvellement ou de modification d’agrément se fait dans les mêmes conditions qu’une demande initiale ; la demande de renouvellement doit être déposée au plus tard 3 mois avant le terme de validité de l’agrément (pour le détail des règles applicables à une première demande, à un renouvellement ou à une modification, on se reportera aux précisions figurant dans l’instruction ministérielle DGCIS – n° 1-2012 du 26 avril 2012 citée en référence).

L’exigence d’un agrément obligatoire et préalable à l’exercice des activités mentionnées ci-dessus, et les exigences de qualité et de sécurité prévues pour sa délivrance sont avant tout justifiées par la nécessité de protéger la santé ou la sécurité des publics vulnérables destinataires de ces services (enfants mineurs, personnes âgées, handicapées ou dépendantes, familles en difficulté, …). Lorsque la personne morale ou l’entrepreneur individuel agréé cesse de remplir les conditions ou de respecter les obligations requises pour obtenir l’agrément, ne respecte pas les dispositions légales relatives à la santé et à la sécurité au travail, ne transmet pas au préfet compétent, avant la fin du premier semestre de l’année, le bilan qualitatif et quantitatif de l’activité exercée au titre de l’année écoulée, ou exerce des activités autres que celles déclarées dans la demande d’agrément, l’agrément est retiré. Par ailleurs, le retrait d’autorisation des services d’aide et d’accompagnement visés à l’article L. 313-1 du code de l’action sociale et des familles par le président du conseil général qui l’a délivrée emporte retrait de l’agrément. Sur ces questions (procédure de retrait, recours, conséquences du retrait, etc.), on peut se reporter aux précisions figurant dans l’instruction ministérielle DGCIS – n° 1-2012 du 26 avril 2012 citée en référence.

Lorsque l’agrément lui est retiré, l’organisme en informe sans délai les bénéficiaires de ses prestations par lettre individuelle. A défaut, après mise en demeure restée sans effet, le préfet compétent publie, aux frais de l’organisme, la décision de retrait dans des journaux locaux.

Qui contacter ?
  • Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi - DIRECCTE
Textes de référence
© Ministère du Travail, de l’Emploi et du dialogue social

Ces fiches pratiques donnent une information synthétique. Les informations fournies n’ont pas de valeur légale ou réglementaire.

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