Garantie jeunes, c’est quoi ?

La Garantie jeunes est un dispositif d’État, destiné à aider les jeunes de 18 à moins de 26 ans en situation de précarité dans leur accès à l’autonomie et à l’insertion professionnelle.

Le public prioritaire de la garantie jeunes est constitué de jeunes de 18 à moins de 26 ans :

  • NEET (Neither in Employment nor in Education or Training : ni en étude, ni en emploi, ni en formation),
  • avec des ressources ne dépassant pas un certain plafond (au niveau du RSA),
  • et surtout en risque d’exclusion (jeunes hors du foyer familial ou jeunes vivant au sein du foyer mais avec peu ou pas de soutien familial, sous main de justice ou sans domicile fixe).
Des mineurs, jeunes non NEET ou dont les ressources dépassent le plafond mais porteurs d’une situation de risque de rupture peuvent être acceptés.

Une méthode, une démarche

Conclue sous la forme d’un contrat réciproque d’engagements d’un an entre un jeune et une Mission Locale, la Garantie jeunes propose un programme d’accompagnement basé sur le principe de « l’emploi d’abord » et la possibilité de multiplier les périodes d’emploi.

La Mission Locale accompagne le jeune de façon intensive et personnalisée en construisant avec lui un parcours dynamique, individuel et collectif, combinant expériences de travail, élévation du niveau de connaissances/compétences clefs et suivi social.

La démarche s’appuie sur l’identification et la valorisation des points forts et des compétences du jeune, acquises dans l’action, y compris non professionnelles (sport, culture) et transférables aux situations professionnelles.

L’accompagnement Garantie jeunes devra permettre au jeune :

  • d’être autonome dans les actes de la vie quotidienne qui pourraient entraver la gestion de son parcours professionnel ;
  • de développer sa propre capacité d’action et de s’affirmer comme un professionnel avec des compétences et des capacités, en se fixant des objectifs progressifs d’accès à l’emploi intégrant les contraintes de son environnement personnel ;
  • de développer sa culture professionnelle, se familiariser avec les règles de la vie en entreprise, acquérir progressivement un socle de compétences nécessaires à son opérationnalité en emploi. Il s’agira également de développer des pratiques professionnelles spécifiques aux savoir-faire des entreprises du territoire en valorisant les différentes expériences de travail ;
  • de maîtriser les compétences sociales et professionnelles fondamentales, ainsi que les savoirs de base (lecture, écriture, calcul et raisonnement logique) et l’utilisation des nouvelles technologies.

L’autonomie par l’emploi

L’accès à l’autonomie passe par l’emploi, qui permet souvent de résoudre la plupart des difficultés. Durant ce temps, la Mission Locale s’engage à appuyer le jeune dans sa recherche d’expériences d’emploi et de formation.

Ces mises en relation pourront donner lieu par la suite à des recrutements pérennes, lorsque le jeune correspond aux besoins de l’entreprise. Ces recrutements pourront mobiliser les différents outils de la politique de l’emploi : contrats en alternance, contrat de génération, emplois d’avenir, mais aussi périodes de mise en situation en milieu professionnel.

Des mises en situation professionnelles

Les mises en situations professionnelles permettent au jeune soit de découvrir un métier ou un secteur d’activité, de confirmer un projet professionnel, ou d’initier une démarche de recrutement.

Ces périodes de mise en situation, d’au moins un mois, peuvent être multipliées autant que de besoin. Elles proposent une expérience proche de la réalité des métiers, avec une présence qui se cale sur les conditions normales de l’entreprise d’accueil. La présence d’un tuteur assure, notamment, l’accueil, l’information sur les règles d’hygiène et de sécurité, le suivi et l’évaluation de la période de mise en situation.

Une garantie de ressources

Afin d’appuyer son implication et en fonction de ses ressources, le jeune bénéficie d’une allocation forfaitaire mensuelle d’un montant de 470,95 €.

L’allocation est dégressive à partir de 301 € nets de ressources d’activité perçues, pour être nulle à 80 % du Smic brut. Les revenus d’activité pris en compte sont les revenus du travail, indemnité chômage et sécurité sociale, allocation de formation et de stage, allocation service civique. La Garantie jeunes ne fait pas perdre au jeune le bénéfice des aides qu’il pouvait percevoir par ailleurs.

Parfois, l’emploi ne suffit pas, un accompagnement social est indispensable, d’où la nécessité d’une mobilisation globale sur le territoire des conseils généraux et de tous les partenaires susceptibles d’appuyer le parcours du jeune en matière par exemple de santé, de logement ou de mobilité.

L’apport du collectif

En Garantie jeunes, les jeunes sont réunis par la Mission Locale en groupe et réalisent des travaux collectifs. Cela permet au jeune de s’approprier les règles et les codes comportementaux qui régissent une organisation de travail et la relation salariée. Cela implique également que le jeune s’investisse au quotidien.

Le groupe dispose d’une charte de vie, d’un programme d’action quotidienne, de points d’évaluation de la progression vers l’autonomie : à 1 mois, à 4/6 mois et à 12 mois.

Ces travaux en collectivité permettent de développer les compétences sociales, la confiance en soi, l’auto-évaluation, la pratique de l’entraide et de la coopération.

Attention aux idées reçues ! La Garantie jeunes n’est pas :
  • un droit ouvert. Il y a un nombre de place limité. La sélection est importante, et exige du jeune qu’il veuille travailler et qu’il soit prêt à venir tous les jours.
  • une allocation. L’aide financière est un outil d’accompagnement pour que le jeune soit dans des conditions matérielles lui permettant de suivre son parcours
  • une formation. C’est un accompagnement exigeant, avec des mises en situation professionnelles et éventuellement une remise à niveau sur des compétences clés.