L’entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI)

Une personne sans emploi, rencontrant des difficultés particulières d’insertion, peut effectuer des missions pour le compte d’une entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) conventionnée par l’État. Un contrat de travail temporaire est alors conclu, l’intérimaire devient salarié de l’ETTI. L’ entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) bénéficie quant à elle d’une aide financière.

L’entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) fait partie - avec l’association intermédiaire (AI), l’entreprise d’insertion (EI) et les ateliers et chantiers d’insertion (ACI) - des structures d’insertion par l’activité économique (SIAE).

Qu’est-ce qu’une entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) ?

Entreprise d’intérim, l’entreprise de travail temporaire d’insertion a ceci de particulier que son activité est entièrement centrée sur l’insertion professionnelle des personnes en difficulté. Elle leur propose des missions auprès d’entreprises utilisatrices, mais également un suivi et un accompagnement social et professionnel, pendant et en dehors des missions.

L’entreprise de travail temporaire d’insertion de travail temporaire d’insertion (ETTI) est soumise à l’ensemble des règles relatives au travail temporaire. La durée des contrats de mission peut toutefois être portée à 24 mois, renouvellement compris, au lieu de 18 mois dans le cas général.

L’entreprise doit conclure une convention avec l’État, notamment pour pouvoir bénéficier d’une aide financière.
En savoir plus sur le conventionnement des entreprises de travail temporaire d’insertion

Qui peut être embauché par une entreprise de travail temporaire d’insertion ?

Peuvent effectuer des missions d’intérim pour le compte d’une entreprise de travail temporaire d’insertion, les personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières et notamment :

  • les jeunes de moins de 26 ans en grande difficulté,
  • les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA),
  • les demandeurs d’emploi de longue durée,
  • les personnes prises en charge au titre de l’aide sociale.

La personne embauchée sur un poste faisant l’objet d’une aide de l’État doit être agréée par Pôle emploi.

Quel est le statut d’un salarié recruté par une entreprise de travail temporaire d’insertion ?

L’entreprise de travail temporaire d’insertion conclut avec la personne en insertion un contrat de travail temporaire dont la durée peut atteindre 24 mois (renouvellement compris) au lieu de 18 mois dans le cas général.

La personne concernée devient alors salariée de l’entreprise et perçoit une rémunération au moins égale au SMIC.

Quelle est l’aide versée à l’entreprise de travail temporaire d’insertion ?

Sous réserve d’embaucher des personnes agréées par Pôle emploi, l’entreprise de travail temporaire d’insertion peut bénéficier d’une aide financière, dans la limite du nombre de postes d’insertion fixé par la convention qu’elle a conclue avec l’Etat. Il s’agit de l’aide au poste d’insertion dont les modalités ont été modifiées à compter du 1er janvier 2014.
L’aide financière comprend un montant socle et un montant modulé. Le montant modulé est déterminé chaque année par le préfet en tenant compte :

  • des caractéristiques des personnes embauchées ;
  • des actions et des moyens d’insertion mis en œuvre ;
  • des résultats constatés à la sortie de la structure.

Pour l’année 2015, le montant socle est fixé à 4 284 € ; le montant de la part modulée est exprimé en pourcentage du montant socle, entre 0 % et 10 % : il est déterminé sur la base des résultats obtenus par la structure au regard des trois critères mentionnés ci-dessus.

L’aide financière est versée à l’entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) pour chaque poste de travail occupé à temps plein. Le cas échéant, le montant de l’aide est réduit à due proportion de l’occupation des postes.

L’aide financière ne peut pas se cumuler pour un même poste avec une autre aide à l’emploi financée par l’État.

POUR ALLER PLUS LOIN

Conventionnement par l’État des entreprises de travail temporaire d’insertion

Après consultation du conseil départemental de l’insertion par l’activité économique, et en tenant compte de l’offre existante pour assurer un développement équilibré des actions d’insertion, le préfet peut conclure un convention avec des entreprises candidates au conventionnement d’entreprise de travail temporaire d’insertion, quelle que soit leur forme juridique, contribuant à l’insertion professionnelle des personnes mentionnées à l’article L. 5132-1.

Contenu de la convention

La convention conclue avec l’entreprise de travail temporaire d’insertion comporte notamment les mentions suivantes :

  1. Une présentation du projet d’insertion de la structure précisant :
    a) Les caractéristiques générales de la structure ;
    b) Les principales caractéristiques des personnes en difficulté embauchées ;
    c) Les modalités d’accompagnement des salariés en insertion et de collaboration avec, d’une part, Pôle emploi et, d’autre part, les organismes chargés de l’insertion sociale et professionnelle de ces personnes ;
    d) Le cas échéant, la mention de l’existence d’une autre convention au titre d’une structure de l’insertion par l’activité économique ;
    e) L’adéquation du projet économique et social de la structure avec l’environnement local et l’offre d’insertion déjà existante ;
  2. La présentation des moyens en personnel ainsi que des moyens matériels et financiers mobilisés pour mettre en œuvre le projet d’insertion de la structure et accomplir les tâches administratives et les obligations comptables résultant de l’activité de l’entreprise de travail temporaire d’insertion ;
  3. Le nombre de postes d’insertion ouvrant droit à l’aide financière prévue à l’article L. 5132-10-12 ;
  4. Les engagements d’insertion pris par la structure et les indicateurs destinés à rendre compte des actions et des résultats ;
  5. Les modalités de dépôt des offres d’emploi auprès de l’institution précitée ;
  6. La nature et le montant des autres aides publiques directes ou privées dont la structure a bénéficié les années antérieures ;
  7. Les modalités de suivi, de contrôle et d’évaluation de la convention.
Durée de la convention, comptes et bilans à fournir

La convention peut être conclue pour une durée maximale de trois ans avec des structures présentant des perspectives de viabilité économique ; elle peut être renouvelée selon la même procédure.
Les stipulations financières des conventions pluriannuelles font l’objet d’avenants annuels.
La structure transmet chaque année ses comptes annuels et un bilan d’activité précisant pour les salariés en insertion, les actions mises en œuvre et leurs résultats à l’issue du parcours dans la structure.
Ce document précise les réalisations en termes de suivi, d’accompagnement social et professionnel, d’encadrement des personnes présentant des difficultés sociales et professionnelles particulières, comportant notamment les mentions suivantes :

  1. Les moyens humains et matériels affectés à la réalisation de ces actions ;
  2. Les caractéristiques des personnes embauchées et de leur contrat de travail ;
  3. La nature, l’objet, la durée des actions de suivi individualisé et d’accompagnement social et professionnel des personnes ;
  4. Le cas échéant, les propositions d’action sociale faites à la personne pendant la durée de l’action et avant la sortie de la structure ;
  5. Les propositions d’orientation professionnelle, de formation préqualifiante ou qualifiante, ou d’emploi faites aux personnes ainsi que les suites qui leur auront été données ;
  6. Les résultats en termes d’accès et de retour à l’emploi des personnes sorties de la structure.
Contrôle de l’exécution de la convention

Le préfet contrôle l’exécution de la convention. L’employeur lui fournit, à sa demande, tout élément permettant de vérifier la bonne exécution de la convention, la réalité des actions d’insertion mises en œuvre ainsi que leurs résultats.
En cas de non-respect des dispositions de la convention par l’employeur, le préfet l’informe par lettre recommandée de son intention de résilier la convention. Celui-ci dispose d’un délai, qui ne peut être inférieur à un mois, pour faire connaître ses observations. Le préfet peut alors demander le reversement des sommes indûment perçues.