Décryptage : 5 clés possibles pour davantage de mobilité des apprentis en Erasmus

Erasmus fête cette année ses 30 ans. En 2017, ils sont 43 000 étudiants français à partir en mobilité, mais seulement 6800 apprentis. C’est pourquoi Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a confié une mission au député européen, Jean Arthuis. Il doit trouver des solutions pour développer la mobilité des apprentis.

Pourquoi cette mission ?
L’apprentissage et Erasmus sont deux outils efficaces pour lutter contre le chômage chez les jeunes. D’une part, il s’agit d’une transition performante entre l’école. D’autre part, Erasmus est une expérience de mobilité internationale, devenue clé dans une économie mondialisée. Ces deux raisons ont conduit la ministre, Muriel Pénicaud, à confier la mission au député européen et ancien ministre de l’Economie et des Finances, Jean Arthuis, de développer Erasmus chez les apprentis.

Les 5 clés pour davantage de mobilité européenne des apprentis en Erasmus

1. Déjà, l’Europe s’engage

A l’initiative du député européen, Jean Arthuis, un projet-pilote est mené par l’Europe pour développer la mobilité longue des apprentis. Actuellement, les mobilités ne durent pas plus de 2 à 4 semaines. La Commission européenne a fait sienne cette démarche et engagé 400 millions d’euros. Elle espère déclencher la mobilité de 50 mille apprentis en Europe.

2. En France, créer un statut de « l’apprenti mobile »

En créant un statut de « l’apprenti mobile », il s’agitait de concilier la protection de l’apprenti et alléger la responsabilité de son employeur en France. En effet, d’un côté, il faudrait pouvoir rendre la mobilité des apprentis attractive pour les entreprises. Du côté des apprentis, il faudrait garantir leur protection sociale et leur rémunération pendant leur période à l’étranger.

« Notre ambition est de doubler le nombre d’apprentis qui partent en Erasmus » Muriel Pénicaud, ministre du Travail

3. Mieux intégrer la mobilité au parcours pédagogique

En lien avec le Ministère de l’éducation nationale, les jeunes pourraient être davantage préparés à la mobilité internationale avec, par exemple, davantage d’enseignement des langues en CFA* ou de formation à distance. Ce parcours pédagogique pourrait s’inspirer de « l’unité facultative de mobilité » mené par l’Education nationale pour le Bac professionnel.

4. Un guide pratique de la mobilité

Pour davantage de mobilité internationale des apprentis, les outils existants pourraient être rassemblés au sein d’un guide pratique. Un projet similaire est en cours dans le cadre de l’agenda franco-allemand. Un guide pratique de la mobilité et une application dédiée seront lancés pour l’anniversaire du Traité de l’Elysée, le 22 janvier prochain.

« L’adhésion de ce qu’est l’Europe passe par Erasmus  » Muriel Pénicaud, ministre du Travail

5. Un accès simplifié au financement Erasmus+

Enfin, pour faciliter l’accès de tous les apprentis à la mobilité, il s’agirait dans un premier temps de simplifier l’accès au financement Erasmus + pour les apprentis. Mais d’autres pistes sont à étudier, tels qu’un abondement par des acteurs publics et privés des dispositifs déjà existants pour l’apprentissage.


En chiffres
En 2017, le programme Erasmus a fêté ses 30 ans et bénéficié à 5 millions de personnes, dont 3.3 millions d’étudiants. En 1987, 3200 pionniers participaient contre près de 300 000 par an aujourd’hui.
En France, le programme a bénéficié à 615 000 étudiants depuis 1987, mais seulement à 25 600 apprentis. Pour 2017, quand 43 000 étudiants français partent en mobilité, seulement 6800 apprentis font de même (pour des périodes allant de 2 à 4 semaines).

*Centre de Formation des Apprentis